Plutôt macédoine de légumes ou œuf en entrée ? Et pour le plat, ce sera quelle sauce avec les pâtes ? Qu’importe leur choix, les 70.000 étudiants de l’Académie Nice-Toulon règlent depuis ce lundi 4 mai la même addition. Soit 1 euro.
Tous les restaurants universitaires de France généralisent la formule au tarif unique. Une mesure adoptée lors du vote de la loi de finances 2026 pour lutter contre la précarité étudiante.
Auparavant, les étudiants boursiers et en situation de fragilité financière en étaient les seuls bénéficiaires – soit 45 % des 603.000 repas servis dans les structures de restauration du Crous de Nice-Toulon en 2025.
« C’est tellement cher de faire les courses… »
Jusque-là, c’était 3,30 euros pour tous. « C’est très bien, avec cette baisse, on gagne 40 euros par mois », sourit Mathis, 20 ans, dans la file d’attente du restaurant universitaire de Saint-Jean-d’Angély à Nice. Avec ses amis, tous étudiants en médecine, il a déjà fait ses calculs. Lui compte bien s’en servir pour payer son verre lors des sorties. Pour Elena, 20 ans également, ce sera plutôt pour acheter du matériel pour étudier.
« C’est tellement cher de faire les courses qu’en venant ici on est gagnants », résume Lilian, 22 ans, aux côtés de Gloria, 20 ans et Lucie, 19 ans. Leur génération vit l’inflation de plein fouet. Alors un petit coup de pouce, c’est toujours bon à prendre. Sauf si c’est au détriment de la qualité : « C’est très bon ici. J’espère juste que ça ne va pas changer du coup… »
Une crainte que balaie Arnaud Fredefon, directeur adjoint du Crous Nice-Toulon : « En termes de politique d’achat et de préparation, rien ne change. On reste absolument sur les mêmes standards. La qualité n’est pas une variable d’ajustement. » La promesse est faite : les produits labellisés bio et locaux ne devraient pas disparaître du menu.
Pour ce tarif, c’est un plat chaud et deux « périphériques » (entrée, fromage, dessert, fruit). Les suppléments, toujours disponibles sont à régler en plus.
Pouvoir absorber une hausse de fréquentation
L’enjeu, c’est surtout la hausse de fréquentation.
« Cela nécessite une adaptation à plusieurs niveaux », fait savoir le responsable : « Sur chaque site, nos équipes travaillent à identifier quels sont les éventuels facteurs limitants ou points de blocage à l’accueil d’une clientèle supplémentaire d’étudiants. » Le tout, sur une plage horaire qui s’étale de 11 h 30 à 14 heures. « Ici, on a un enjeu de production sur la cuisine centrale de Nice. Sur d’autres sites, c’est un enjeu capacitaire en salles – en veillant à maintenir toutes les normes de sécurité. » Pousser les murs, changer de mobilier, réorganiser les espaces : autant d’options qui vont être utilisées pour « optimiser » cette nouvelle ère dans la restauration étudiante, avec un pic d’activité en début d’année en septembre. Le tout, pour un budget de « 300 000 euros pour acquérir ou rénover des équipements existants, mais aussi pour produire mieux et accueillir plus dans de bonnes conditions ».
Bientôt une application pour connaître le flux
Avec le besoin d’élargir les équipes ?
« Ce début de lancement va permettre de faire une évaluation et mener à bien des recrutements », indique le responsable qui rappelle qu’aujourd’hui 120 agents sont à l’œuvre entre Nice et Toulon. Avec les moyens supplémentaires accordés par la loi de finances 2026, le Crous du territoire « bénéficie d’une autorisation de recrutement de six emplois en temps complet ».
Le challenge s’accompagne d’une innovation avec la mise en place à la rentrée « d’un système de comptage et de communication aux étudiants du temps d’attente en restaurant grâce à une application mobile dédiée ». L’idée est simple : savoir s’il y a du monde ou non en temps réel. L’extension des horaires d’ouverture, voire la création de services au dîner, reste contrainte : « On n’est pas aujourd’hui sur un schéma qui nous laisse beaucoup d’amplitudes possibles. »
Philosophe, la génération Z fait avec ce qu’on lui propose. En témoigne Anna, future kinésithérapeute qui fréquente le campus depuis quatre ans : « On ne va pas se plaindre, ces repas à 1 euro, c’est déjà ça… »