Alors qu’une enquête pour « homicide volontaire » a été ouverte par le parquet après le décès d’un homme de 26 ans, abattu par un policier municipal lors d’un contrôle routier dans le 11e arrondissement, FO Police Municipale sort du silence. Dans un communiqué, l’organisation syndicale défend un acte de « légitime défense » et réclame une protection juridique et psychologique pour les agents impliqués.

 

« Un acte de légitime défense sous pression extrême »

Les sections marseillaise et nationale de FO Police Municipale ont tenu à réagir fermement après l’intervention survenue le 23 avril dernier. Pour le syndicat, l’équipage a agi avec professionnalisme face à une menace imminente.

« Face à un individu armé d’un couteau, l’usage de l’arme administrative par nos collègues était une nécessité absolue pour sauver des vies », martèle l’organisation syndicale. FO dénonce comme « inadmissible » la remise en cause des agents qui ont, selon eux, agi conformément à la loi pour neutraliser une menace mortelle. Le syndicat appelle désormais la hiérarchie et les élus à apporter un soutien total aux policiers, demandant une prise en charge juridique et psychologique immédiate.

 

Rappel des faits : un contrôle routier qui bascule

L’affaire a débuté le jeudi 23 avril, vers 17h30, dans l’est de Marseille. Trois policiers municipaux — âgés de 52, 38 et 22 ans — décident de contrôler un conducteur faisant usage de son téléphone au volant.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme, défavorablement connu des services de police, était sous le coup d’un mandat d’arrêt après une condamnation pour trafic de stupéfiants. Lors du contrôle, il serait sorti de son véhicule muni d’un couteau, menaçant les agents. L’un d’eux a alors ouvert le feu à trois reprises. Sept bonbonnes de protoxyde d’azote ont été retrouvées dans le véhicule du défunt.

 

Une enquête ouverte pour homicide volontaire

Comme c’est la procédure systématique lors de l’usage d’une arme à feu par les forces de l’ordre, le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour homicide volontaire. Les investigations ont été confiées à la direction de la criminalité territoriale (DCT) afin de déterminer si les conditions de la légitime défense étaient réunies.

Le maire de Marseille, Benoît Payan, a déclaré se tenir à la disposition de la justice pour que « l’ensemble des faits et circonstances de cet acte soient considérés ». De leur côté, les trois agents, « extrêmement choqués », avaient été admis à l’hôpital de la Timone peu après le drame. Pour FO, l’enjeu est désormais de protéger ces fonctionnaires qui « affrontent quotidiennement des dangers réels » dans les rues de la cité phocéenne.

 

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