Après avoir manqué six fois l’accession en Top 14 ces trois dernières années, le climat de crise latente qui a pourri de l’intérieur la saison du FCG ne pouvait déboucher que sur une saison de transition, qui semble enfin digérée.

C’est un sujet que l’on pressentait inévitable : après trois saisons à truster le haut du tableau de Pro D2 et à systématiquement échouer lors de la finale à Toulouse puis de l’access-match au Stade des Alpes (soit six matchs de montée en Top 14 perdus, s’étalant peu ou prou entre deux années civiles…), la chute du FCG ne pouvait qu’en être plus violente. Celle-ci a simplement donné lieu à plus de fracas que prévu, entre l’éviction progressive du tandem Nadau-Pézery sur fond de querelles entre le groupe des joueurs et leurs dirigeants, la vraie-fausse arrivée de Pierre Caillet puis le départ prématuré de Jeff Dubois, on en passe et des meilleures, sans oublier que le FCG a dû composer avec de nombreuses blessures dont la saison blanche de son meilleur joueur des deux dernières années, l’ouvreur gallois Sam Davies.

Reste que, bon an mal an, le FCG devrait terminer la saison dans le ventre mou, à peu près comme en 2022, à l’orée de son dernier cercle vertueux. « C’est une année décevante, résume le président Patrick Goffi. Après les trois saisons que l’on avait vécues, il était logique que l’on ait du mal à repartir. Mais de là à ne pas se qualifier, c’est évidemment une déception. Il est évident que notre saison a été polluée par beaucoup de problématiques, avec ce qui s’est passé au sein du staff, avec les joueurs, la constitution du nouveau staff, etc. Mais c’est aussi ça, le sport. Ce que je retiens, c’est qu’au moment où on n’était pas loin de se mettre le feu sportivement tout seuls, les joueurs ont su se remobiliser pour assurer le maintien au plus vite, et c’est un bon signal sur lequel on veut construire. »

Stage en Italie, le couac de fin

Reste qu’au moment du bilan, il s’agit de se poser les bonnes questions. À commencer par chercher à comprendre ce qui a pu se passer lors du stage en Italie, initialement destiné à resserrer les rangs au moment d’aller chercher une remontada pour disputer les phases finales, mais après lequel les Isérois ont inexplicablement enchaîné trois cinglantes défaites. La conséquence logique de l’ennui ressenti par le groupe durant trois jours, malgré l’accueil chaleureux des hôtes valdôtains ? Allez savoir… « Ce qui est sûr, c’est que l’après-stage a été une déception, parce qu’on avait le sentiment d’avoir mis des moyens pour permettre au sportif d’aller se chercher un objectif et que les performances qui ont suivi n’ont pas été du tout au niveau », avoue Goffi.

Reste que l’essentiel était ailleurs, à savoir ce maintien que les joueurs ont su aller chercher sur le terrain contre Oyonnax puis Mont-de-Marsan, renouant enfin avec des ondes positives. « Depuis, il y a comme une forme d’apaisement, loue le président alpin. Le comportement des joueurs n’est plus le même, et j’ai la faiblesse de penser que les annonces qui ont été effectuées au sujet de notre recrutement et de nos prolongations ont contribué à cet apaisement. On est notamment heureux que des garçons comme Cody Thomas et Romain Fusier, qui ont beaucoup donné pour ce club, restent avec nous. » L’avenir s’annonçant ainsi beaucoup moins incertain que prévu, avec dix arrivées prévues pour onze départs. « Il y aura peut-être encore des aménagements à la marge, prévoyait Goffi. Si certains joueurs à qui il ne reste qu’un an de contrat reçoivent une proposition pour deux ou trois ans ailleurs, on ne leur fermera pas la porte pour s’en aller (à l’image de Julien Farnoux ou Hanru Sirgel, en partance pour Nice, N.D.L.R.). En ce qui concerne les arrivées, oui, nous en avons terminé. Il nous reste à officialiser l’arrivée d’un deuxième ligne (qui devrait être le joueur de Newcastle Fergus Lee-Warner, N.D.L.R.) et je pense que l’on sera complets dans toutes les lignes. »

Morgann Denis, un préparateur physique venu des Harlequins

Avec un effectif renouvelé d’un tiers, donc, mais aussi un nouveau staff puisque l’entraîneur des avants Jérôme Villegas poursuivra sa mission en concubinage avec l’actuel entraîneur des trois-quarts de Béziers, David Irazoqui. « Cela a été un véritable choix qu’un duo soit aux commandes du sportif, précise Goffi. J’ai remarqué qu’à chaque fois qu’il y a eu un numéro un, cela a moins fonctionné parce que la communication était moins bonne. Lorsque Nicolas Nadau et Patrick Pézery étaient en binôme, chacun avait ses prérogatives mais il y avait davantage de dialogue. Je pense que Jérôme Villegas et Irazoqui ont le profil pour bien communiquer, bien s’entendre et tirer le maximum de notre groupe. L’arrivée d’un nouveau préparateur physique (Morgann Denis, qui débarque des Harlequins pour remplacer Viktor Maquaire) va également apporter un peu de nouveauté en vue de l’intersaison. On va avoir la chance, contrairement à ces trois dernières saisons, de bénéficier d’une vraie préparation et j’espère qu’on saura en tirer les fruits la saison prochaine, où l’objectif sera clairement de retrouver les places qualificatives. » Afin de reconstruire, comme voilà quatre ans, le début d’un nouveau cycle, qu’il s’agit enfin de démarrer après cette saison de brutale transition.