En 2011, je me suis mis à marcher et, un jour, à Blain, j’ai vu un balisage chemin de Compostelle. Dès ce soir-là, ma décision était prise de partir l’année suivante, raconte Michel Passelande, de Mésanger, dans le pays d’Ancenis. D’abord de Pouancé (Maine-et-Loire) à Saintes (Charente-Maritime), puis de Saintes à Logroño, en Espagne ; l’année suivante, de Logroño à Saint-Jacques-de-Compostelle, et ainsi de suite. Je marchais quasiment toujours tout seul, précise-t-il . Ça m’a procuré un tel bien, que s’en est devenu presque addictif, mais une bonne addiction ! Tous les ans, il parcourt ainsi entre 450 et 600 km, jusqu’à l’âge de la retraite, où les périples se font plus longs. En 2022, il effectue une marche de 1 620 km, de Figeac (Lot), au Cap Finisterre, en Espagne. Mais cette fois-ci, l’aventure prévue est d’une autre mesure. L’objectif est d’aller jusqu’à Rome, en Italie, confie-t-il. Départ prévu ce mardi 5 mai.

Une voie millénaire

Il devra prendre deux chemins. Le premier, la via Ligeria, ouverte officiellement en 2021, par un couple de Nantais – qui a fondé l’association Haltes Pèlerines 44 et via Ligeria. Longeant la Loire jusqu’à Tours (Indre-et-Loire) en partant de Nantes, la voie remonte vers Bourges (Cher), en suivant le Cher et le canal du Berry, puis Vézelay (Yonne), et enfin Bucey-lès-Gy (Haute-Saône). Elle rejoint le second chemin, la via Francigena. Une voie millénaire. Elle part du sud de l’Angleterre pour aller à Rome, détaille le pèlerin. Le chemin passera par Besançon (Doubs), la Suisse, et diverses villes d’Italie, avant de se terminer à Rome.

La préparation des pieds

Michel Passelande a prévu de parcourir, en trois mois, 2 100 km, soit entre 20 et 25 km par jour environ. L’association lui a communiqué des contacts de gîtes et d’accueils de pèlerins sur l’intégralité du parcours, ou encore les traces GPS permettant de planifier et de se géolocaliser à chaque étape, via son téléphone et sa montre.

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Enfin, il a préparé 10 kg de paquetage avec un bon équipement, une seconde paire de chaussures de randonnées envoyée à mi-parcours, et la préparation des pieds, plusieurs semaines auparavant, pour éviter les ampoules. J’ai vécu les ampoules la première année et il y a beaucoup de marcheurs qui sont obligés d’abandonner. C’est le métier qui rentre…, plaisante-t-il. Pour un tel périple, le budget prévu a été établi à 4 000 €. Si je vais jusqu’au bout, je serai le plus heureux des hommes, conclut-il.