Ligue 1 (32e journée). Paris FC – Stade Brestois : 4-0
Raphaël Le Guen avait sans doute rêvé de cette première titularisation en Ligue 1. C’était finalement plus proche du cauchemar. Le jeune défenseur central de 19 ans, qui évolue au Stade Brestois depuis ses 12 ans, qui a porté le brassard avec la réserve en N3, a vécu une après-midi très compliquée, dimanche, face au Paris FC (4-0).
Le natif de Quimper, préformé au Châteaulin FC, aux qualités saluées par tous à Kerlaurent, a été aligné dans un contexte particulier : sur le côté gauche de la charnière, aux côtés d’un latéral gauche par intérim (le latéral droit Luck Zogbé, 21 ans) et au sein d’une défense brestoise en perte de confiance : Brest a encaissé, en six matchs (quatre défaites, deux nuls), autant de buts (17) que lors des seize rencontres précédentes de Ligue 1.
« Il faut admettre que les jeunes fassent des erreurs »
Passé pro en janvier, Raphaël Le Guen a été « un peu fautif sur deux buts », selon le diagnostic de son entraîneur. « C’est formateur, il va apprendre, a poursuivi Eric Roy. Lancer des jeunes, c’est bien, mais il faut admettre qu’ils fassent des erreurs, qu’ils ne soient pas irréprochables. » Le technicien ne regrettait donc pas d’avoir aligné le jeune homme, en l’absence de Soumaïla Coulibaly, blessé, et à la place de Junior Diaz, plus expérimenté, mais en prêt, comme Coulibaly. « Depuis longtemps, Raphaël méritait d’avoir sa chance, a expliqué Eric Roy. On avait envie de le voir. Il a un gros potentiel à travailler. » Il ne comptait que deux apparitions cette saison avec les pros, contre Lens et Nantes (13’).
Raphaël Le Guen a été souvent pris de vitesse par les offensifs parisiens, qui ont visé le (jeune) côté gauche de la défense brestoise : Raphaël Le Guen est le Brestois qui a réalisé le plus d’actions défensives (10), devant le latéral gauche Luck Zogbé (9). Il a donc commis plusieurs erreurs, mais n’a pas tout mal fait non plus. Il a par exemple été le Brestois le plus efficace dans les duels aériens (4 duels aériens remportés sur 5).
Et si la défense a tant pris la marée, c’est que les milieux et les attaquants ont trop regardé jouer les virevoltants Parisiens : « Il n’y a pas un joueur plus fautif, un joueur moins fautif, a estimé Joris Chotard, interrogé sur plusieurs performances individuelles. On a chuté collectivement. On n’a pas été bons devant, au milieu et derrière. »
« C’est compliqué pour tous les défenseurs, pour le gardien, quand on encaisse quatre buts, a confirmé Brendan Chardonnet. On n’a jamais su se mettre en rythme et les mettre en difficulté. On aura tous des matchs meilleurs. Et Raph’ en aura plein d’autres ! Il a un vrai potentiel pour s’affirmer en Ligue 1. »