L’enseigne remplace notamment son menu McSmart à 5 euros par le McDeal au même prix, mais présenté comme plus généreux. Elle baisse aussi le prix de certaines versions du menu Best-Of. Un effort de «plusieurs dizaines de millions d’euros».

McDonald’s relance la guerre du pouvoir d’achat. L’enseigne de restauration rapide fait à partir de ce mardi 5 mai un effort sur les prix et l’offre de plusieurs menus, annonce-t-elle au Figaro, alors que les automobilistes font face à la flambée des prix des carburants et que les répercussions de la guerre au Moyen-Orient font craindre une accélération de l’inflation.

La chaîne de fast-food propose ainsi le McDeal, un nouveau menu à 5 euros qui remplace le McSmart, lancé en 2023. L’enseigne s’était attiré les foudres des habitués en le modifiant en janvier : le deuxième burger avait été retiré, remplacé par un dessert jugé moins généreux. Le McDeal reprend la même formule (un burger, une petite frite, une petite boisson et un petit dessert) mais avec de nouveaux sandwichs (bœuf, poulet ou poisson) offrant plus de quantité : ceux au bœuf ont deux steaks, ceux au poulet deux filets.


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McDo baisse et bloque par ailleurs le prix de certaines recettes de son emblématique menu Best-Of, qui représente une transaction sur trois en restaurant. Avec un Double Cheese, un McChicken ou un Filet-O-Fish, ce menu est désormais facturé au prix fixe de 7,50 euros, contre 7,95 euros à 10,60 euros auparavant selon les restaurants (libres de fixer la plupart de leurs prix). Enfin, le Happy Meal, pour les enfants, reste à 4 euros mais se voit enrichi de nouvelles options dont le retour des nuggets.

Menus à 5 euros

La plupart des grandes enseignes de restauration rapide avaient déjà lancé des offres à petit prix, souvent à 5 euros, entre 2022 et 2023. À l’époque, la guerre en Ukraine provoquait une forte inflation et le secteur constatait une baisse de ses ventes. En rognant leurs marges sur quelques produits d’entrée de gamme, les chaînes misent ainsi sur du volume pour s’y retrouver et espèrent surtout garder leurs habitués les plus précaires le temps que la crise passe.

Mais ces faibles marges sont difficilement tenables sur le long terme, d’où les changements sur le menu McSmart en début d’année. Dans les années 2010, le menu McFirst (4,95 euros) avait suivi la même logique, remanié plusieurs fois avant d’augmenter son prix puis de disparaître. McDonald’s chiffre cette fois-ci à «plusieurs dizaines de millions d’euros» cet effort prévu pour durer au moins jusqu’à la fin de l’année.

Concurrence sur le poulet

Un sondage Ifop commandé par l’enseigne* établit que 48% des Français estiment ces offres à petit prix «nécessaires pour aller au restaurant». «L’inquiétude est grande parmi nos clients», affirme Jo Sempels, président de McDonald’s France, dans un communiqué. Il constate que «les sorties en famille, les quelques derniers plaisirs que s’autorisaient encore des millions de Français, se raréfient. C’est un signal que nous ne pouvons ignorer.»

Les géants du fast-food font aussi face à la concurrence de chaînes venues des quartiers populaires, à l’instar de Master Poulet, médiatisée après son affrontement avec le maire de Saint-Ouen, qui vend un poulet entier grillé à 7,50 euros. Chez McDonald’s ou Burger King, le prix moyen d’un menu classique tourne autour des 10 euros.


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*Étude Ifop pour McDonald’s France menée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, par un questionnaire auto-administré en ligne du 22 au 23 avril 2026.