« Emmagasiner les compétences d’un haut dirigeant »

Abou Diaby suit un cursus managérial à HEC Doha. Pour gagner en autonomie dans ses affaires et s’ouvrir des portes.
« Que faites-vous aujourd’hui, quel est votre quotidien ?
En février 2026, j’ai démarré un Executive MBA dispensé par HEC (l’école des hautes études commerciales) sur le campus de Doha. C’est un des meilleurs du monde. Il se déroule sur dix-huit mois. Pour l’intégrer, j’ai dû valider plein d’étapes de sélection l’année dernière : entretiens devant un jury, études de cas, rédaction de synthèses, création d’une stratégie pratique… J’avoue qu’au départ, c’est un défi, il faut se remettre au niveau. Ça m’a pris du temps. J’ai dû retourner à l’école, faire mes devoirs, rendre des essais en anglais, apprendre le langage du « business ». Sincèrement, j’adore le programme : au bout d’une semaine, je me disais que c’était une des meilleures choses que j’ai entreprises de ma vie.
En quoi consiste ce cursus concrètement ?
Il est essentiellement basé sur le développement des capacités de « leadership » : gestion d’entreprise, conduire des équipes, apprendre à mieux se connaître… Le but est d’emmagasiner les compétences qu’un haut dirigeant doit posséder pour gérer une organisation d’un niveau élevé. Il y a des profils très variés : certains issus de la politique, d’autres venant de multinationales, ou comme moi, du sport ou de la musique. Souvent, ce sont des personnes qui ont développé des aptitudes pour le leadership qui n’émanent pas du monde des affaires.
Une reconversion plutôt atypique pour un athlète professionnel.
Ma carrière m’a énormément apporté, mais je cherchais à gagner en autonomie : être en mesure de m’occuper moi-même de mes affaires. Quand le chapitre se clôt, il y a beaucoup à gérer, il faut être prêt. Il est important de se former parce qu’on connaît malheureusement trop de drames liés à des gens peu scrupuleux à qui on accorde sa confiance. Ma curiosité m’a poussé à renforcer ce que j’ai acquis, en développant d’autres outils, des clés de compréhension pour être en mesure de m’engager dans de nouvelles activités, peu importe le domaine.
Par rapport à votre vécu, quel message voulez-vous faire passer aux joueurs ?
Que ce serait dommage d’investir autant d’énergie pour n’avoir aucune perspective. Ils sont les premiers responsables de ce qu’ils ont entre les mains. Pour faire les bons choix, apprendre, se former : tous les ingrédients sont disponibles. La performance prime, mais le foot, c’est un package qui inclut aussi l’image ou le patrimoine. Je trouvais le rapport de forces parfois inégal. Je collaborais avec des gens très bien, mais sans apprendre grand-chose. J’étais dans une sorte de dépendance que je n’aimais pas.
Après cette formation, souhaitez-vous rester dans le milieu du football ?
Pour l’instant, le projet reste à définir, il n’y a rien de concret. J’ai plein d’idées, mais une chose est sûre : tout ce que je ferai n’aura de sens que si je le partage largement. Je veux transmettre autant que possible, surtout aux plus jeunes, par-delà le foot. C’est en ça que ce cursus doit m’offrir un cadre pour me rapprocher de l’excellence. »