Alors que la Russie avait déjà annoncé une trêve pour les commémorations de la fin de la Seconde guerre mondiale, l’Ukraine a décrété, de son côté, un cessez-le-feu qui doit débuter mercredi 6 mai. L’armée russe avait fait pression sur Kiev en avertissant qu’elle lancerait « une frappe massive de missiles » en cas de violation de la trêve prévue pour les 8 et 9 mai.
Dans la soirée du lundi 4 mai, Volodymyr Zelensky a donc officialisé « un régime de cessez-le-feu à partir de 00 h 00 dans la nuit du 5 au 6 mai », tout en avertissant que son armée riposterait à toute attaque russe au cours de cette période. « Il est temps que les dirigeants russes prennent des mesures concrètes pour mettre fin à leur guerre, d’autant plus que le ministère russe de la Défense estime qu’il ne peut organiser de parade à Moscou sans la bonne volonté de l’Ukraine », a-t-il ajouté.
Chaque année, la Russie commémore la Journée de la Victoire soviétique contre l’Allemagne nazie en 1945 et organise, à cette occasion, un vaste défilé militaire sur la place Rouge de Moscou. Mais ces derniers temps, l’Ukraine a multiplié ses envois de drones vers la Russie, en réponse à une intensification des bombardements russes. L’un de ces engins a justement atteint la capitale, éventrant la façade d’un immeuble résidentiel de luxe dans l’ouest de Moscou.
Ce mardi 5 mai, l’armée russe a mené des bombardements meurtriers sur des infrastructures énergétiques dans l’oblast de Potlava, tuant quatre personnes, dont « deux secouristes » selon Volodymyr Zelensky.
« La paix ou les défilés militaires »
« Si le régime de Kiev tente de mettre en œuvre ses plans criminels visant à perturber les célébrations du 81e anniversaire de la Victoire lors de la Grande Guerre patriotique, les forces armées russes lanceront une frappe massive de missiles de représailles sur le centre de Kiev », a rétorqué le ministère russe de la Défense.
Cela fait pourtant plusieurs mois que l’Ukraine demande une trêve prolongée pour favoriser les négociations afin de trouver un accord pour arrêter cette guerre qui est entrée dans sa cinquième année. Une demande refusée par Moscou qui estime qu’un cessez-le-feu étendu permettrait surtout aux Ukrainiens de renforcer ses capacités de défense.
« La paix ne peut attendre les défilés et les célébrations. Si Moscou est prête à mettre fin aux hostilités, elle peut le faire dès demain soir », a réagi le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga. « Le 6 mai montrera si Moscou est sérieuse et ce qu’elle veut vraiment : la paix ou des défilés militaires », a-t-il ajouté. Des annonces qui interviennent alors que les États-Unis, un temps médiateurs, sont plus que jamais embourbés dans la guerre au Moyen-Orient.
Intensification des bombardements russes
Du point de vue militaire, l’armée russe est en difficulté sur le front ukrainien. En avril, la zone contrôlée par les Russes a diminué de 120 km2, ce qui n’était plus arrivé depuis la contre-offensive ukrainienne de l’été 2023, selon une analyse des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) réalisée par l’Agence France-Presse.
Avant l’annonce de ces trêves rivales, d’intenses bombardements et attaques ont été menés par les deux parties. Dans la nuit de lundi à mardi, les autorités ukrainiennes ont fait état de bombardements à Kharkiv, Zaporijia ainsi qu’en périphérie de Kiev, où les habitants ont été appelés à se rendre aux abris après une nouvelle alerte aérienne.
Le bilan de ces dernières attaques russes s’établit à 7 victimes civiles dans la ville de Merefa, près de Kharkiv, ainsi que deux autres civils tués par un drone dans une localité du sud. Plusieurs régions russes ont également essuyé des attaques de drones ukrainiens, y compris Moscou, selon les dirigeants russes qui n’ont pas précisé le nombre de victimes.
À ce bilan viennent s’ajouter les quatre victimes des bombardements russes visant des infrastructures énergétiques dans l’oblast de Potlava mardi 5 mai. Dans un message publié sur la messagerie Telegram, le président ukrainien explique, qu’après un premier bombardement, l’armée russe a « ensuite lancé un deuxième tir de missile de manière particulièrement lâche, alors que des agents du Service national d’urgence étaient sur place pour éteindre l’incendie ». « C’est un cynisme absolu de demander le silence pour des célébrations de propagande et de lancer de telles attaques de missiles et de drones tous les jours avant ces événements », a-t-il ajouté.
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