Par

Laure Gentil

Publié le

5 mai 2026 à 17h50

L’immeuble, route de Clisson, est tout neuf. Ce mardi 5 mai 2026, le CHU de Nantes (Loire-Atlantique) inaugure les nouveaux locaux des unités ambulatoires du Centre Nantais de la Parentalité et du Développement Précoce (CNP), autrefois accolé à l’hôpital psychiatrique Saint-Jacques. En son sein se trouvent deux unités ambulatoires : l’unité ressource en pédopsychiatrie périnatale (URPP) et l’IPEA (intervention pour enfants avec signes d’alter TSA). Cette structure, âgée de 25 ans, propose une prise en charge des troubles du développement des bébés et des enfants en bas âge et offre un soutien aux parents. Un véritable soulagement pour de nombreuses familles vulnérables.

Nantes : ce centre pour enfants et parents offre un soutien et des soins psychologiques

« Les parents arrivent parce qu’on leur a dit de venir ou ils ont une demande », explique le Dr Lucile Billeau, médecin responsable du CNP. « On les reçoit avec l’enfant et on reprend un peu l’ensemble du développement, on regarde où est-ce qu’ils en sont. »

Rencontres à domicile et à la crèche, bilan, soins… C’est un suivi quotidien qui se met en place pour aider les enfants à progresser et soutenir les parents. Une aide qui a été vitale pour Dania, dont le fils de 3 ans, David, est suivi à l’IPEA. Il est le senior de l’unité. « J’ai rencontré une bonne équipe ! », nous assure-t-elle avec le sourire. « Ça soulage beaucoup. » Cette maman de trois enfants s’est assez vite rendu compte que quelque chose était différent chez son second. « Il ne répondait pas à son nom », se souvient-elle.

Dania a remarqué les progrès réalisés par son fils. Il va maintenant à l’école, bien que ce soit « compliqué », 2 h 45 par jour, trois fois par semaine avec une AESH (accompagnant des élèves en situation de handicap). Le petit garçon qui ne restait jamais assis plus de quelques minutes reste maintenant au moins « 15 minutes » sur une chaise.

Dania a amené son fils David au CNP après avoir remarqué des retards de langage.
Dania a amené son fils David au CNP après avoir remarqué des retards de langage. ©Laure Gentil / actu Nantes

L’IPEA est constituée d’un médecin, le Dr Audrey De Napoli Cocci (pédopsychiatre), d’une psychologue, d’une psychomotricienne – toutes trois à mi-temps – et de quatre infirmières, dont deux infirmières puéricultrices. L’unité est plus petite car elle a moins de patients. « C’est plus spécifique, plus intensif », indique le Dr Audrey De Napoli Cocci. « On voit les enfants trois fois par semaine.

« Elle s’est sentie soutenue »

Bérangère et son fils Aymen, deux ans et demi, sont eux concernés par l’autre unité : l’URPP qui se concentre sur le repérage précoce des souffrances des bébés, la prévention et les soins pédopsychiatriques. L’URPP est plus grosse que son unité sœur : trois pédopsychiatres, sept infirmières dont deux infirmières puéricultrices, trois psychomotriciens, un psychologue et bientôt une assistante sociale.

De gauche à droite : Blandine Duhil, Anne Lumière (infirmière puéricultrice) et le Dr Audrey De Napoli Cocci (pédopsychiatre)
De gauche à droite : Blandine Duhil, Anne Lumière (infirmières puéricultrices) et le Dr Audrey De Napoli Cocci (pédopsychiatre). ©Laure Gentil / actu Nantes

Au début le bébé de Bérangère « était très calme », mais vers huit mois, les pleurs de son enfant l’inquiètent. Elle demande de l’aide à la PMI (service de protection infantile). « Ils ne m’ont pas écouté au début. Mais au bout du quatorzième mois, j’ai fini par arriver ici, au CNP », raconte Bérangère. Un soulagement pour elle, « de ne pas être la seule maman à demander de l’aide pour mon petit bou ». Psychologiquement, elle « s’est sentie soutenue ».

On a beaucoup de soutien à la parentalité de manière assez directe. Ils (les parents N.D.L.R.) peuvent être présents en soins pour se rendre compte de comment on peut être avec l’enfant. Ça ne veut pas dire qu’ils ne savent pas faire, mais c’est plutôt qu’on les soutient vraiment à s’adapter aux troubles des enfants quand il y en a et puis à se repositionner s’il y a des petites choses à réajuster.

Dr Lucile Billeau

« C’est un peu du théâtre ! »

Les nouveaux locaux qu’elle décrit comme superbes la tranquillisent. Le CNP qui était autrefois situé à l’hôpital Saint-Jacques laissait une certaine appréhension. « Au début, mon conjoint s’est demandé : est-ce que mon enfant est fou ? », reconnaît-elle. Le regard des autres a été compliqué : « les commérages des gens m’ont fait peur ».

Le fils de Bérangère (à gauche) est suivi au CNP. Le Dr Lucile Billeau (à droite) est la médecin responsable du centre.
Le fils de Bérangère (à gauche) est suivi au CNP. Le Dr Lucile Billeau (à droite) est la médecin responsable du centre. ©Laure Gentil / actu Nantes

Aymen, qui ne cherchait pas le réconfort lorsqu’il se faisait mal, se tourne maintenant plus naturellement vers sa mère et son agitation s’est calmée, grâce à l’exemple et aux jeux. « C’est un peu du théâtre », rit Bérangère.

Une observation partagée par Blandine Duhil, infirmière puéricultrice, qui parle du besoin d’exagérer certaines émotions pour aider l’enfant. « On répète pour qu’Aymen trouve un bénéfice et comprenne que c’est bien d’être consolé par maman », précise l’infirmière. « On cherche à interpeller ce petit garçon à avoir son attention. »

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