Une pièce de musique pour orgue et clarinette, composée en 1992 à la demande de Georges Espuna, sera jouée à Paris le 24 mai, en hommage à son compositeur décédé en novembre 2025. Le clarinettiste narbonnais y jouera ainsi aux côtés des organistes Hervé Désarbre et Raphaël Tambyeff.
Amoureux de la clarinette et de l’orgue, Georges Espuna ne trouvait pas de pièce musicale qui soit un dialogue d’égal à égal des deux instruments. Grâce à l’entremise de Claude Guy, disquaire rue du Pont sous l’enseigne « Guy Radio », il parvient à contacter Guy Morançon, organiste et compositeur. Cet élève d’Olivier Messiaen écrit alors une œuvre complexe qu’il nomme modestement « Sept pièces ornementales ». Cette composition est, selon lui, une sorte de « fresque dont les parties se succèdent, distinctes mais enchaînées ». La création de l’œuvre se fait en la cathédrale de Narbonne, en 1992. Guy Morançon décède en novembre 2025. À l’occasion d’une communication téléphonique avec la famille, le clarinettiste narbonnais – à l’origine donc de la composition du morceau – a été sollicité pour participer, le 24 mai à Notre-Dame-de-la-Compassion, à Paris XVIIe, à un hommage à l’organiste disparu.

Le programme de la « Création mondiale » à Narbonne en 1992.
L’Indépendant – S. M.
Georges Espuna est tombé dans la musique quand il était petit puisqu’il est le fils de Sébastien, qui fut le directeur de l’école de musique de la rue Littré. S’il la délaisse un peu pour suivre des études de kiné et d’ostéopathe, ses effets sont permanents. Il joue alors au sein du quatuor « Rythmes sacrés » en même temps qu’il participe à la forme physique des juniors du RCN. Aujourd’hui, il est à la retraite de ses activités médicales, mais, pour entretenir sa musique, il joue « environ deux heures par jour… mais il en faudrait trois », confie-t-il.
Les « Sept pièces ornementales » sont complexes avec des mesures composées, inégales et des traits virtuoses. Il répète en s’aidant parfois d’un enregistrement présent dans « Musique française pour clarinette et grand orgue », mais reconnaît : « Je connais les parties de l’orgue par cœur, je sais donc quand j’interviens ». La pièce dure plus de 30 minutes et, conçue pour la cathédrale Saint-Just, elle demande du coffre et du volume. Le souffle narbonnais va donc retentir à Paris à la fin du mois.

Georges Espuna s’astreint à « une à deux heures de travail par jour pour maintenir la musicalité. »
L’Indépendant – S. M.