Ce mercredi 6 mai 2026 à 19 h aux Salons Mauduit à Nantes, Michel Macaire, de l’Académie du Jazz de l’Ouest, nous dresse un portrait de la chanteuse Julie London, incarnée sur scène par Veronika Rodriguez, accompagnée par Jean-Philippe Vidal et son Côte Ouest Jazz Sextet.
Presse-Océan : Pouvez-vous nous présenter Julie London ?
Michel Macaire : « Julie London, née Julie Peck, entame sa carrière comme actrice à Hollywood en trichant sur son âge, elle n’a que 17 ans… Elle tournera dans 35 films, avec souvent des partenaires prestigieux comme Robert Taylor, Gary Cooper ou Robert Mitchum. Et ce n’est que beaucoup plus tard, à l’approche de ses 30 ans, qu’elle deviendra chanteuse… bien qu’elle souffrît d’un véritable manque de confiance en soi et d’un trac irraisonné. Il faut dire qu’elle sera poussée par son mari, le compositeur, pianiste et chanteur Bobby Troup à qui l’on doit notamment la célèbre chanson Route 66. »
Qu’est-ce qui la caractérise en tant que chanteuse ?
« Elle est avant tout reconnue pour sa voix grave, sensuelle et feutrée, au timbre immédiatement identifiable, que l’on ira même jusqu’à qualifier « d’enfumée ». Sa manière de chanter, souvent intimiste, presque murmurée – du fait qu’elle se tient tout près du micro, à le toucher – crée une proximité unique avec l’auditeur. Le magazine musical Billboard la consacrera par trois fois comme « Meilleure Chanteuse de l’Année » (1955, 56 et 57). Son physique très avantageux contribue également à son aura : silhouette élégante, allure de pin-up que l’on va retrouver sur les pochettes de ses disques aujourd’hui très recherchés. »
Comment définir son style musical ?
« Présentée comme une icône du « Jazz Cool », son style s’inscrit dans une veine jazz-pop minimaliste. Elle est souvent accompagnée de formations réduites – parfois même seulement d’un duo contrebasse/guitare – et cette sobriété met en valeur la chaleur de sa voix et son phrasé délicat. Elle excelle dans les ballades mélancoliques, les standards revisités avec retenue et les ambiances nocturnes. Ses albums des années 1950 et 1960 comme Julie Is Her Name, Lonely Girl ou About The Blues illustrent parfaitement cette esthétique élégante, intime, sans emphase. »

Julie London, la pin-up du jazz Photo Presse Océan
Quels sont ses grands succès ?
« Indéniablement son nom reste attaché à la chanson Cry Me A River dont elle sera la créatrice en 1955. Succès vendu à des millions d’exemplaires et devenu un standard repris par d’innombrables artistes. Elle excelle aussi dans des titres comme Black Coffee, Love Letters, Bye Bye Blackbird ou ’Round Midnight. En une quinzaine d’années seulement elle enregistrera 32 albums. En dehors de sa carrière cinématographique et musicale, on la retrouve à la télévision et notamment dans la série culte Emergency (Urgences) dans les années 1970. »
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Pratique
Salons Mauduit : mercredi 6 mai 2026, séance à 19 h
Renseignements et réservation – Tél. : 02 51 72 01 01 ; academiedujazzdelouest.com
Prochain concert : mercredi 3 juin 2026, 19 h « Brigitte Bardot en jazz ».