Le passage de 12 à 8 remplacements
Jean-Noël Spitzer, entraîneur du RC Vannes : « J’ai toujours été contre les 12 changements (instaurés depuis 2018). Chaque année, il y avait un petit sondage parmi les managers de clubs professionnels. Je crois que j’étais le seul à dire que j’étais contre. Je trouve que ça n’allait pas du tout dans l’esprit du jeu. Surtout, on était la seule nation à le faire, sans, de l’autre côté, fournir des statistiques par rapport aux blessures. C’est-à-dire qu’on a mis une règle en place, une règle franco-française, et sans suivi derrière, pour savoir si c’était une bonne règle ou pas. Vu qu’il n’y a pas de suivi, il n’y a pas de raison de ne pas se mettre comme les autres compétitions. À partir du moment où on n’a pas prouvé que ça a un impact sur la santé des joueurs, il faut considérer que le rugby est aussi un sport d’usure. L’usure, ce n’est pas blesser des joueurs, c’est l’usure liée à la fatigue. Les deuxièmes périodes peuvent aussi servir à créer des espaces. Avec ces coachings dans tous les sens, on avait la deuxième période, tout temps confondu, la plus longue au monde. On voit des matchs qui durent 2 h 05, 2 h 07 en temps complet. Les vendeurs de hot-dogs sont contents, le reste, on s’ennuie quand même. »
Eliott Roudil, centre du RC Vannes : « Il faut voir ce que ça donne. Je pense que ça va changer surtout pour les trois quarts, parce qu’on est plus aptes à faire 80 minutes, et notre poste est amené à être moins énergivore que devant. Devant, ils ont quand même énormément de tâches à faire. Donc ça va plus changer pour les trois quarts, il me semble. »
De 60 à 45 secondes pour buter
Jean-Noël Spitzer : « C’est peut-être une bonne chose mais il y a d’autres secteurs sur lesquels on peut gagner du temps. Là, on remet encore la pression sur les buteurs qui étaient déjà un peu sous pression. On avait déjà légiféré. Pour moi, on perd du temps sur les remises en jeu liées au renvoi. Il y a les entrées des kinés qui ne sont pas forcément maîtrisées et qui sont quand même aléatoires, avec des arrêts de jeu. On peut aller chercher du temps ailleurs. »
Eliott Roudil : « Les supporters dans les tribunes et ceux qui regardent à la télé vont être contents, parce que ça met une remise en jeu plus rapide. Après, pour les buteurs, je ne le suis pas du tout, donc ils vont devoir adapter leur routine (il n’est pas buteur). Je suis sûr qu’ils vont y arriver. »