Sa voix se fait plus faible et s’étouffe dans les larmes au moment d’évoquer la mort de son père. Pour la première fois, Ange-Marie Michelosi, accusé de complicité dans le double assassinat de Bastia-Poretta, ce qu’il nie, raconte, ce mardi 5 mai, devant la cour d’assises d’appel des Bouches-du-Rhône, l’assassinat de celui qui porte le même prénom que lui.
Son père a été tué en juillet 2008, il était considéré par les services d’enquête comme une « figure du grand banditisme » en Corse-du-Sud : « Il a été assassiné par des lâches, de douze coups de fusil. Je m’en veux de pleurer devant vous parce que mon père n’aimait pas ça. Il n’y a pas une journée de ma vie où je n’y pense pas. Mon père, c’était le soleil et j’ai vu le soleil se coucher à midi. »
Celui qui a été condamné, en première instance, à 25 ans de réclusion criminelle, pour complicité dans les homicides de Jean-Luc Codaccioni et d’Antoine Quilichini le 5 décembre 2017, afin de venger la mort de son père, vient raconter le basculement, à l’âge de 19 ans, vers « une vie de clandestinité totale » : « Au moins une centaine de personnes m’ont dit que j’allais mourir, au moment de l’enterrement de mon père. »
Il évoque aussi l’assassinat, trois ans après, de sa tante, Marie-Jeanne Bozzi.
« Mon père était quelqu’un de très sain »
Le détenu de forte corpulence laisse alors « une vie paisible » entre Ajaccio et Albitreccia pour un tout autre contexte.
La présidente de la cour d’assises vient pourtant contredire le récit d’un homme « au talent oratoire certain » qui suit les cours de deux licences, en philosophie et en sociologie. Un rapport de police le considère en effet comme « l’héritier de son père » et le place « à la tête de l’équipe criminelle dite du Petit Bar ».
Il a été condamné pour port d’arme mais aussi à huit et sept ans de prison pour deux trafics de stupéfiants. « Les voyous, je les vomis, rétorque avec vigueur l’intéressé. Ce sont des sangsues de la société. Mon père était quelqu’un de très sain. Il m’a appris la valeur travail. »