Publié le 5 mai 2026 à 18:30 par La rédaction

Une famille rennaise va devoir quitter son logement social après les soupçons de trafic visant l’un des enfants. Une décision inédite en Bretagne, contestée par l’avocate de la mère.

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Une famille de Rennes va devoir quitter son logement social après une décision du tribunal judiciaire rendue ce mardi 5 mai 2026. En cause : l’un des enfants, âgé de 17 ans, est soupçonné d’être lié à un trafic de drogue. La mesure, validée dans le cadre de la loi de lutte contre le narcotrafic, constitue une première en Bretagne. Mais elle suscite déjà de vives critiques, notamment parce qu’elle touche aussi la mère et deux autres enfants mineurs.

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Une décision jugée « injuste » par l’avocate

La famille, composée d’une mère et de trois enfants, vit dans un logement social du quartier du Blosne, au sud de Rennes. Selon les éléments du dossier, l’un des fils, âgé de 17 ans, avait été condamné à du travail d’intérêt général pour détention de 86 grammes de cannabis. Les autorités le soupçonnent également d’être impliqué dans un trafic de drogue.

Le tribunal judiciaire de Rennes a donc validé la procédure d’expulsion locative. La famille ne devra toutefois pas quitter immédiatement son appartement. Le juge a accordé un délai incompressible de deux mois, prolongé de quatre mois supplémentaires. Avec la trêve hivernale, qui débute le 1er novembre, la mère et ses enfants pourront rester dans le logement jusqu’au 31 mars 2027.

Pour la préfecture d’Ille-et-Vilaine, cette mesure répond à une situation grave. Le préfet Franck Robine avait défendu la procédure en affirmant que ce logement servait de « cache » et de « lieu de deal ». Selon lui, de la drogue et du matériel en quantité importante y auraient été retrouvés.

Du côté de la défense, la décision est vécue avec amertume. L’avocate de la mère, Me Irène Thébault, estime que la loi permet de sanctionner des personnes qui ne sont pas directement impliquées dans le trafic. Elle pointe notamment la situation de la mère et des deux autres enfants, âgés de 14 ans et 3 ans.

« Elle est injuste parce qu’elle permet l’expulsion de personnes qui ne sont pas en lien avec le trafic de stupéfiants », a-t-elle réagi auprès d’ICI Armorique. Malgré cette critique, sa cliente ne fera pas appel de la décision.

L’affaire avait déjà provoqué des réactions début avril, avec un rassemblement devant le tribunal judiciaire de Rennes pour dénoncer une mesure jugée « disproportionnée ». De son côté, le préfet assume une ligne ferme, en rappelant les nuisances subies par les habitants confrontés aux trafics dans certains immeubles. Selon les derniers chiffres communiqués, 17 procédures d’expulsion de ce type ont été ouvertes par la préfecture d’Ille-et-Vilaine.