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Le drapeau chinois flottera-t-il bientôt sur le site de construction automobile de la Janais, près de Rennes ? Des discussions seraient en cours entre Stellantis et le constructeur Dongfeng, pour une cession ou un partage du site industriel.

Une délégation chinoise aurait visité l’usine à deux reprises, depuis le début de l’année.

 

Avoir un véhicule de marque chinoise, pourquoi pas ?

 

Si la CFDT, majoritaire à la Janais, ne veut pas entendre parler d’une vente de l’usine, le syndicat ne rejette pas tout partenariat et tout partage du site, comme l’explique Laurent Valy, délégué CFDT Stellantis à la Janais : « On a uniquement le C5 Aircross à produire sur le site de Rennes, et on est ouvert bien entendu, à partir de 2028, à produire un autre véhicule. On en a plus que besoin, parce que sinon le site est mort.

A partir du moment où Stellantis n’est pas en mesure de nous amener un véhicule complémentaire sur le site de Rennes, on est coincé. Avoir un véhicule complémentaire de marque chinoise, pourquoi pas ? Cela s’étudie, il faudra qu’on regarde de près l’impact pour toute la filière automobile bretonne, il y a toute la sous-traitance qu’il faut qu’on embarque, la décision ne devra pas se prendre à la légère. »

Stellantis la Janais Dongfeng Valy 1Stellantis la Janais Dongfeng Valy 1

Pour Laurent Valy, un partenariat avec Dongfeng, synonyme de nouveaux véhicules à construire, oui. Mais une vente serait bien différente, et le délégué CFDT affirme que sur ce point, les salariés du site sont unanimes : c’est non.

 

La menace des droits sociaux

 

« La vente aux Chinois on est très réticent, parce que derrière il y a des risques au niveau des droits, et des acquis. On voit bien que dans le transfert des contrats de travail, on a souvent des accords de substitution, et on y laisse des plumes. Au-delà de ça aussi, le centre de décision : avant on était Peugeot-Citroën, on était bien Français, les centres de décision étaient en France. Depuis qu’on est passé Stellantis, le centre de décision est plutôt côté Etats-Unis.

Si demain cela devait être chinois, ça nous inquiète plus, parce qu’on voit bien que le dialogue social, ce n’est quand même pas la panacée, là-bas. »

Stellantis la Janais Dongfeng Valy 2Stellantis la Janais Dongfeng Valy 2

Aux yeux de Laurent Valy, Dongfeng pourrait être une bouée de sauvetage pour le site Stellantis de la Janais. Les 2 000 employés y construisent actuellement un seul modèle et pour le syndicaliste le site n’est pas viable à long terme avec un modéle unique à construire.

 

La production interrompue la semaine prochaine

 

La preuve, la semaine prochaine (la semaine du 11 mai), la production sera à nouveau interrompue : « Sur Rennes-La Janais, on a la chance d’avoir le lancement du véhicule C5 Aircross qui se passe bien mais les volumes ne sont pas au niveau. On voit que le groupe est en train de se réorienter au niveau du choix des motorisations : la clientèle attend davantage d’hybride, nos fournisseurs ne sont pas en capacité de fournir suffisamment de boîtes de vitesse, ça engendre chez Stellantis Rennes-La Janais, de l’activité partielle de longue durée.

Des journées de chômage, des coupures, et on a des décalages de congés qui étaient plutôt prévus en fin d’année, qu’on a repositionnés sur mai, parce qu’on est fragile en ce moment. »

Stellantis La Janais contrôle qualité

Les discussions avec Dongfeng concerneraient aussi trois autres usines en Europe.

Les 2 000 salariés du site de la Janais pourraient en apprendre davantage le 21 mai, avec la présentation de la stratégie du groupe par le PDG de Stellantis.