La direction générale des finances publiques (DGFIP) s’inquiète de l’usage des outils d’IA étrangers à Bercy, selon un document obtenu par La Tribune. En plein malaise social, l’administration doit présenter son rapport d’activité ce mercredi 6 mai.
Et si Bercy était pris au piège de l’intelligence artificielle ? En pointe sur cette technologie, la puissante direction générale des Finances publiques (DGFIP) a lancé au pas de charge une liste spectaculaire d’outils depuis le milieu des années 2010 : foncier innovant, détection des entreprises en difficulté, chasse aux piscines non déclarées, soutien aux collectivités, programmation de contrôle fiscal. Alors que la patronne de la DGFIP, Amélie Verdier, s’apprête à dresser le bilan de l’administration ce mercredi 6 mai, l’utilisation des algorithmes comporte également de nombreux risques, préviennent ses services de Bercy dans un document obtenu par La Tribune.
Données confidentielles : la DGFIP en alerte sur de possibles dérives
En premier lieu, la note s’adresse à l’ensemble des fonctionnaires, contractuels, ou prestataires. Les agents en charge de l’IA mettent en garde leurs collègues sur les risques d’utiliser des outils extérieurs à l’administration. « Les transmettre [Les données confidentielles] revient à les rendre publiques et constitue une violation des règles publiques », mettent en garde les auteurs du document. À Matignon, ces risques sont scrutés à la loupe.
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La récente fuite massive de données de l’Agence nationale des titres sécurisés a jeté une lumière crue sur les failles de sécurité dans l’administration de l’Etat. « Les outils qui n’ont pas été validés par la DGFIP sont par défaut interdits […] Leur utilisation peut faire l’objet de sanctions disciplinaires », prévient le guide de Bercy. L’enjeu à la DGFIP est de « sécuriser les échanges de données ». « On n’est absolument pas préparés. Il y a des fuites de données partout », alerte Mathilde Feld, députée (LFI) de Gironde et spécialiste de la fraude fiscale.