Les images se répètent. Des Alsaciens moqués à l’étranger, des joueurs et des supporters locaux sûrs d’eux après une victoire, un Gary O’Neil calme mais vengeur. Trois semaines plus tard, l’écho est encore là. Le 9 avril, le RCSA avait quitté le stade de Mayence (0-2) après une bagarre impliquant Diego Moreira, notamment. Dans l’intimité du Soprema Parc, le centre d’entraînement de Strasbourg, les joueurs du Racing avaient fomenté leur plan, poussés par un entraîneur anglais bagarreur, ancien joueur qui en a vu d’autres.
Ils avaient mené leur mission à bien, écrasant les Allemands en quarts de finale retour de la Ligue Conférence (4-0, le 16). « Ici, c’est chez nous », avait tancé Emmanuel Emegha après la rencontre. Le Néerlandais provocateur, qui avait incendié l’enceinte espagnole en invectivant le public à plusieurs reprises, ne sera pas là, jeudi soir, pour cause de blessure musculaire. Mais il est loin d’être le seul à se motiver dans l’adversité, les insultes, le dédain.
À Vallecas face au Rayo Vallecano (0-1, le 30 avril), Andrew Omobamidele et Ben Chilwell, cadres expérimentés d’un effectif juvénile, ont pavé le chemin. Conspués à leur sortie de la pelouse par les ultras madrilènes, ils avaient donné rendez-vous en France, à grand renfort de gestes équivoques. « Je n’ai pas aimé certaines de leurs attitudes, leur arrogance en fin de match, leur façon de nous regarder, avait réagi le défenseur irlandais, en zone mixte. Ils ont oublié qu’il y avait un match retour. »
Emegha et Guéla Doué absents
« On est dans une situation où on peut se relever. L’objectif principal était de s’assurer qu’on ait encore une chance de se qualifier. C’est le cas, avait renchéri son coach. On aura encore besoin de nos supporters. Je leur demande d’être prêts. » Avec encore plus de bruit que lors du retour face à Mayence, plus belle ambiance de la saison à la Meinau ?
Depuis une semaine, c’est le couteau entre les dents que l’effectif prépare son match. Il n’y a plus beaucoup d’énergie dans les jambes mais les têtes ne sont pas dans le gaz. Privé d’Emegha, donc, mais aussi de Guéla Doué, qui serait blessé après avoir été malade, l’effectif peut de nouveau compter sur une forte tête : Valentin Barco.
Victime d’une entorse à une cheville le 16 avril, le milieu argentin est enfin de retour après avoir manqué cinq matches. Mardi, il a reçu officiellement sa nomination parmi les cinq meilleurs espoirs de la Ligue 1 par l’UNFP, applaudi par tous ses coéquipiers. Leader technique et surtout mental du Racing, Barco pourrait bien être le facteur X d’un match retour qui promet des étincelles.