De nouvelles informations ont été révélées ce mercredi 6 mai 2026 sur l’affaire de l’immeuble squatté à Nice. Les squatteurs ont en fait été victimes d’un résident de l’immeuble qui les faisait entrer et leur sous-louait les appartements, à un prix bien plus excessif que la normale.

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Un locataire de l’immeuble à la manœuvre des appartements squattés. Ce sont les révélations de nos confrères d’ICI Azur ce mercredi 6 mai 2026. Les squatteurs de l’immeuble rue, situé près de la promenade des Anglais à Nice, ont été victimes d’un des habitants de l’immeuble.

« Nous avions des suspicions depuis plusieurs mois sur quelqu’un de la résidence. Quand la police est venue évacuer et filtrer les résidents le 30 avril, on a eu la confirmation. Certaines personnes, qui n’étaient pas listées comme locataires, souhaitaient récupérer leurs affaires et ont appelé cet habitant », raconte à France 3 Jocelyne Tiba, l’une des copropriétaires de l’immeuble.

Le résident entrait lui-même par effraction au sein des appartements, changeait les serrures et les sous-louait à des personnes originaires d’Afrique du Nord. Une sous-location à un certain prix : d’après la copropriétaire, jusqu’à 1 500€ de loyer était demandé.

C’est incroyable tous les frais qu’il nous a occasionné. Il cassait les portes, faisait des trous dans les murs à la disqueuse et changeait les serrures.

Jocelyne Tiba, propriétaire d’un appartement de l’immeuble.

à France 3 Côte d’Azur

« Ça m’a choqué, je suis arrivé et j’ai trouvé ma porte cassée alors que c’était une porte blindée. Il y avait deux squatteurs qui m’ont dit que quelqu’un leur avait loué mon studio », décrit Ouael Cherif, qui a découvert son appartement squatté lors de l’intervention des forces de l’ordre, le 30 avril dernier.

L’immeuble, dont certaines parties se trouvent dans un état insalubre, a été interdit d’accès pour les deux prochains mois. Un arrêté de péril imminent a été pris par Éric Ciotti, maire (UDR) de Nice.

Certains résidents vont être pris en charge dans un centre d’accueil hivernal pendant deux mois, temps que laisse la municipalité aux habitants pour entreprendre les travaux de réaménagement nécessaires, faute de quoi la mairie prendrait ensuite le relais. « La mairie nous a mis un ultimatum. On va devoir engager d’énormes travaux si on refait la structure de l’immeuble. Je pense que c’est un délai vraiment trop court », indique Jocelyne Tiba.

Des policiers municipaux gardent pour le moment l’entrée de l’immeuble. Des vidéosurveillances doivent également être installées. « Il y aura un agent de sécurité le temps de l’installation. On sait que tout cela va nous coûter mais on ne veut plus que la situation perdure », précise la copropriétaire.

Vous pouvez être en règle, payer votre loyer, et être expulsés du jour au lendemain sans solution. Voilà la vraie insécurité.

Julien Picot, secrétaire départemental du PCF 06 et conseiller municipal à Nice

dans un communiqué

L’opposition à la mairie a réagi à l’affaire : « Dans toute ville soucieuse de ses habitants, une évacuation pour péril s’anticipe : concertation, diagnostic social, relogement organisé. Ici, rien. Aucune solution, aucun accompagnement. Juste des familles envoyées dans un gymnase, comme si leur situation relevait de l’urgence humanitaire, alors qu’elle est le produit d’une décision politique », transmet Julien Picot, secrétaire départemental du PCF 06 et conseiller municipal.

Les résidents de l’immeuble se disent également surpris par la façon dont est dépeinte la propriété : « On fait vraiment le maximum, quitte à mettre la main à la poche », tient à rappeler Jocelyne Tiba.

Avec Mélie Lavaud et Pauline Juan, à Nice.