Mardi 26 mai 2026, les musulmans vont vivre la plus
grande fête de leur calendrier, l’Aïd-el-Kébir, qui rappelle le
sacrifice d’Ismaël accepté par son père, Abraham. À Marseille, les
prières pour la célébrer ne se feront pas dans les mosquées, trop
petites, mais dans des stades.
Avec la plus forte communauté musulmane de France, riche de
300 000 croyants, dont 25 000 pratiquants (un chiffre en
forte hausse ces dernières années, selon la préfecture des
Bouches-du-Rhône), la deuxième ville de l’Hexagone manque
cruellement de lieux de culte adaptés.
« Pour la prière de l’Aïd-el-Kébir, nous allons louer
pendant deux heures le stade voisin, où nous serons 3000, comme
nous l’avons fait pour la rupture du ramadan », témoigne
Nacer Mendil, délégué général de la mosquée ACM13e, située chemin
du Merlan, dans le XIIIe arrondissement, dans le nord de la ville.
En dehors des grandes fêtes annuelles, chaque prière du vendredi et
les trottoirs où se massent les croyants dans les rues de
Marseille suffisent à constater le cruel manque de place.
La responsabilité du fiasco
Un projet était censé remédier à cette pénurie : celui
de la grande mosquée. Lancée dès 1937 (voir ci-dessous),
l’idée a réellement pris forme en 2001, lors du deuxième mandat de
Jean-Claude Gaudin, maire (UMP) de 1995 à 2020, décédé en 2024. Le
maire avait délégué la réalisation de ce bâtiment, estimé à
22 millions d’euros par le cabinet d’a