Stellantis La Janais 2023

Stellantis La Janais 2023

Crédit : Yann Launay

Selon plusieurs sources, une délégation chinoise aurait déjà visité l’usine à deux reprises depuis le début de l’année, alimentant les spéculations autour d’un rapprochement industriel. Une perspective qui intervient dans un contexte de fragilité pour ce site historique, où près de 2 000 salariés travaillent aujourd’hui.

 

Un site dépendant d’un seul modèle

 

Actuellement, l’usine de la Janais repose essentiellement sur la production du Citroën C5 Aircross. Une dépendance jugée risquée par les représentants syndicaux, qui alertent depuis plusieurs années sur la nécessité de diversifier l’activité pour garantir la pérennité du site.

Pour la CFDT, syndicat majoritaire, l’enjeu est clair : sans nouveau véhicule à produire à l’horizon 2028, l’avenir industriel de la Janais est menacé. Dans ce contexte, l’arrivée d’un partenaire capable d’apporter de nouveaux volumes de production pourrait représenter une opportunité, mais le discours syndical se veut nuancé.

Laurent Valy, délégué CFDT Stellantis à la Janais Laurent Valy, délégué CFDT Stellantis à la Janais

Crédit : Yann Launay

Un partenariat avec Dongfeng, permettant d’accueillir la production d’un modèle supplémentaire, est envisagé comme une piste crédible, à condition qu’il bénéficie à l’ensemble de la filière locale, notamment aux sous-traitants bretons.

 

Un partenariat oui, une vente non

 

En revanche, l’hypothèse d’une vente pure et simple du site suscite une opposition nette. Les salariés redoutent en particulier un affaiblissement de leurs droits sociaux, souvent remis en question lors de transferts d’activité. À cela s’ajoute une inquiétude plus large sur l’éloignement des centres de décision. Historiquement rattaché à Peugeot-Citroën, puis intégré au groupe Stellantis dont la gouvernance est aujourd’hui internationale, le site pourrait, en cas de reprise chinoise, voir son pilotage encore davantage délocalisé. Une évolution perçue comme un risque pour le dialogue social et les conditions de travail.

Laurent Valy, délégué CFDT Stellantis à la Janais Laurent Valy, délégué CFDT Stellantis à la Janais

Les difficultés actuelles du site renforcent ces préoccupations. Malgré le lancement du nouveau C5 Aircross, les volumes de production ne sont pas au niveau attendu. La réorientation du marché vers les motorisations hybrides, combinée à des tensions chez les fournisseurs, notamment sur les boîtes de vitesses, perturbe l’activité.

Conséquence directe : le recours à l’activité partielle se multiplie. La production sera d’ailleurs interrompue la semaine du 11 mai, avec des ajustements de calendrier, notamment des congés avancés pour faire face à la baisse de charge.

 

Une décision stratégique attendue

 

Au-delà du cas rennais, les discussions avec Dongfeng concerneraient également plusieurs autres sites européens du groupe. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus large d’adaptation de l’industrie automobile face aux mutations du marché et à la montée en puissance des constructeurs asiatiques.

 

Laurent Valy, délégué CFDT Stellantis à la Janais Laurent Valy, délégué CFDT Stellantis à la Janais

Les salariés de la Janais pourraient en savoir plus le 21 mai, lors de la présentation de la stratégie du groupe par la direction de Stellantis.

Une échéance très attendue, tant les décisions à venir pourraient redessiner durablement l’avenir du site breton.