Alors qu’une partie des Britanniques se rendent aux urnes jeudi 7 mai, les élections locales pourraient se transformer en jeu de massacre pour les travaillistes. 5 000 postes de conseillers municipaux doivent être renouvelés à travers l’Angleterre, notamment dans des métropoles comme Londres, Manchester ou Birmingham. « Pour la plupart des sièges, les dernières élections ont eu lieu en 2022, rappelle Sara Hobolt, professeure en science politique à la London School of Economics. C’était au moment du scandale du Partygate de Boris Johnson. Les travaillistes avaient obtenu près de la moitié des sièges. » Désormais en pleine crise de popularité, le Labour a cette fois beaucoup à perdre. « Selon certains sondages, ils pourraient passer de 50 % à 13 % des sièges », souligne l’experte.

Dans la capitale britannique, le Labour est surtout menacé par la montée en puissance des Verts. Le parti pourrait rafler les municipalités de cinq arrondissements jusque-là détenues par les travaillistes, selon l’institut More in Common. A Hackney, le fief même de Zack Polanski, le leader écologiste, nombreux sont les déçus du Labour à avoir rejoint les Verts. Sam Mathys, par exemple, représente désormais ce parti pour le siège de Clissold, après avoir été membre du Parti travailliste pendant huit ans. « J’ai même travaillé dans une mairie Labour comme chargée de politique culturelle, explique cette quarantenaire. Quand le parti est arrivé au pouvoir, je me suis rendu compte que je n’étais plus alignée avec ses politiques et j’ai mis fin à mon adhésion l’année dernière. » Dans ce quartier qui vote travailliste depuis plus de 30 ans, elle souligne l’exaspération des électeurs face au gouvernement. « Quand on fait du porte-à-porte, les gens nous disent qu’ils n’aiment pas la culture très centralisée du parti, souligne-t-elle. Ils ont l’impression que le Labour ne les écoute plus. »