Par

Christophe Jacquet

Publié le

6 mai 2026 à 18h39

Trois semaines après, le bruit médiatique autour du banquet du Canon français, livré avec plus de 4 000 participants à Caen (Calvados) le 18 avril 2026, prend encore de l’ampleur.
En marge des révélations d’un journaliste de France Inter, embarqué à l’intérieur du Parc des expositions, le député PS du Calvados, Arthur Delaporte, également conseiller municipal d’opposition à Caen, annonçait à son tour, ce mardi 5 mai 2026, avoir fait un signalement au procureur de la République.

Deux signalements d’élus au procureur

Au titre de l’article 40 du Code pénal, il relaie des débordements de participants au banquet dit « Normand », qui « auraient effectué des gestes assimilables à des saluts nazis, tenu des propos racistes et manifesté une adhésion à une idéologie violente et discriminatoire ». Pour lui, il s’agit de « faits, s’ils sont établis, d’une extrême gravité », « susceptibles de relever de qualifications pénales lourdes, notamment d’apologie de crimes contre l’humanité, ainsi que de provocation à la haine ou à la violence et d’injures à caractère raciste ».

Quelques jours après elle, le député socialiste a effectué la même démarche qu’Emma Fourreau. La députée européenne (LFI), elle aussi dans l’opposition à Caen depuis les municipales, avait saisi le procureur de la République local, Joël Garrigue, pour un « signalement au titre de l’article 40 », après avoir recueilli et compilé sur ses réseaux sociaux des témoignages, à la sortie du banquet, pointant « des propos et actions », qui « seraient le fait de participants identifiés ou se revendiquant comme tels dudit rassemblement, reconnaissables notamment au port de béret ».

« Injures racistes, sexistes et homophobes »

Une lettre, cosignée et envoyée par 20 commerçants du centre-ville au maire Aristide Olivier, vient désormais corroborer et appuyer des témoignages également relevés par Ici Normandie.

Les cosignataires – parmi lesquels plusieurs bars et restaurants des rues Écuyère et Arcisse de Caumont, où auraient déferlé autour de 200 participants après le banquet – racontent ce qui s’est passé, selon eux, « à partir de 18h », en terrasse le 18 avril. « Nous avons subi des comportements plus qu’inappropriés », écrivent-ils. Dont « des personnes déjà en état d’ébriété manifeste […] menaçantes devant le refus de nos personnels de leur servir de l’alcool » ou « des injures racistes, sexistes et homophobes envers les personnels, les autres clients, les passants ».

Devant cette « ambiance pesante », plusieurs gérants ont « préféré fermer plus tôt» leurs établissements, « pour épargner nos personnels et notre clientèle habituelle ».

« Personne pour guider ces gens hyperalcoolisés »

Ce n’est pas le cas du patron de l’un des bars visés, qui confirme néanmoins : « C’était très tendu partout. Ces gens étaient tous hyperalcoolisés. On a réussi à les faire partir. »

Il le concède : « Aucune plainte n’a été déposée après. » Mais il regrette l’absence d’encadrement de cette foule en centre-ville, après le banquet. « On ne peut pas interdire un événement privé dans un cadre privé. Mais il n’y a eu personne pour les guider à la sortie du banquet, pas de forces de l’ordre mobilisées un week-end pour les maîtriser » en ville.

Vu ce qu’il s’est passé, qui, pour les signataires, « a dégradé l’image de Caen », les commerçants demandent « que ce genre d’événement ne puisse plus être organisé » à Caen. « Nos personnels ont été choqués des agissements de ces personnes, et nous ne souhaitons pas qu’ils puissent y être de nouveau exposés. »

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