Le conseil d’administration du Fonds régional d’art contemporain (Frac) Bretagne a prononcé, le 4 mai 2026, la révocation immédiate de son directeur, Étienne Bernard. Ce dernier s’était déjà mis en retrait depuis plusieurs mois à la suite d’accusations de violences sexuelles.
Mise en retrait
L’affaire avait débuté à l’automne dernier. Après la diffusion de publications sur les réseaux sociaux et l’apparition de tags sur les façades de l’établissement le mettant en cause directement, Étienne Bernard s’était mis en retrait de ses fonctions.
Le parquet a, selon Ouest-France, ouvert une enquête judiciaire pour « harcèlement moral, harcèlement sexuel, agression sexuelle et viol aggravés par la circonstance de personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction ».
Pour faire la lumière sur ces accusations, la gouvernance du Frac avait missionné une structure experte en prévention des violences sexistes et sexuelles afin de recueillir des témoignages et réaliser un diagnostic interne.
Nombreux témoignages
D’après le conseil d’administration de l’établissement, les conclusions de ce rapport, remises en février 2026, ainsi que celles d’un rapport disciplinaire, « ont permis d’établir une liste de faits graves, attribués à Etienne Bernard, de façon concordante, par de nombreux témoignages. »
Les administrateurs ont jugé à l’unanimité que la nature et la multiplicité des faits rapportés ne permettaient plus le maintien d’Étienne Bernard à la tête de l’institution. La présidente du Frac Bretagne, Madeleine Louarn, a également informé le procureur de la République de Rennes de ces éléments « pouvant constituer une infraction pénale ».
Dans un communiqué transmis à la presse en fin de journée, Étienne Bernard a vivement contesté les faits qui lui sont reprochés. « Les accusations portées à mon encontre sont pour la plupart anonymes, vagues et non circonstanciées. Je considère que la procédure disciplinaire menée par le Frac Bretagne souffre de graves défaillances, tant sur la conduite du contradictoire que sur l’appréciation des faits allégués, qui devront désormais être examinées dans le cadre des recours que j’engage avec mes conseils devant la juridiction administrative. »