Le président du Parlement, Alen Simonian, a accusé la Russie d’utiliser les prochaines élections législatives pour tenter de renverser le gouvernement de Nikol Pachinian.
A. Simonian, qui est l’un des principaux membres du parti Contrat civil du Premier ministre, a formulé cette accusation pour la première fois lors d’une interview accordée ce week-end à la télévision publique arménienne.
« Alors qu’en Ukraine, ils tentent de faire valoir leurs intérêts par des moyens militaires, en Arménie, on assiste à une tentative d’opération politique, une tentative de prise de pouvoir, a-t-il affirmé. À présent, ils essaient d’utiliser notre démocratie contre nous. Ils disent : « Internet est libre dans votre pays, nous achèterons tellement de publicité sur cet Internet avec nos roubles qu’il sera à nous. » »
« Nous ne laisserons pas la République d’Arménie être transformée en une “gubernia” (une province russe), nous ne serons pas gouvernés comme la Biélorussie », a-t-il déclaré.
Moscou n’a toujours pas réagi à ces accusations, contrairement au ministère biélorusse des Affaires étrangères qui a convoqué mardi 5 mai le chargé d’affaires arménien à Minsk pour lui remettre une note de protestation contre les « dernières actions hostiles » d’Erevan. De plus, un porte-parole du ministère a qualifié la remarque de Simonian de « populisme préélectoral ».
Le président de l’Assemblée nationale arménienne a maintenu ses affirmations mercredi, déclarant aux journalistes que « l’exemple de la gouvernance biélorusse est inacceptable pour mon pays ».
« Une tentative de prise de pouvoir est en cours », a-t-il déclaré dans une nouvelle attaque contre Moscou.
Les déclarations de Simonian ont été faites juste avant et après deux sommets européens à Erevan, considérés par l’opposition comme une manifestation de soutien préélectorale à Pachinian et à son parti. Les dirigeants de l’opposition affirment également que Pachinian ne cesse d’entraîner l’Arménie dans le bras de fer géopolitique entre l’Occident et la Russie, aggravant ainsi les graves défis sécuritaires du pays.
Lors d’une rencontre avec le Premier ministre à Moscou le 1er avril, le président russe Vladimir Poutine a laissé entendre que l’Arménie paierait un lourd tribut économique pour la dérive continue de son gouvernement vers l’Union européenne. Poutine a également mis en garde Erevan contre le fait d’empêcher ce qu’il a qualifié de groupes d’opposition pro-russes de se présenter aux élections législatives du 7 juin.
Les trois principaux candidats de l’opposition sont menés par le milliardaire russo-arménien Samvel Karapetian, l’ancien président Robert Kocharian et un autre riche homme d’affaires, Gagik Tsarukian. Les alliés politiques de Pachinian les ont qualifiés d’agents russes.
Pachinian a cherché à minimiser les tensions russo-arméniennes à la suite de ses dernières discussions avec Poutine. Les propos de Simonian pourraient les raviver.
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