Des professionnels du handicap qui orientent les familles vers des structures privées. C’est une réalité en Loire-Atlantique. Car le département manque notamment d’infrastructures, comme des IME (Institut médico-éducatif). En 2025, plus de 400 jeunes y attendaient une place. C’est un chiffre important, regrettait Florian Graveleau dans nos pages en octobre 2025. Il est responsable de la Maison départementale des personnes en situation de handicap (MDPH) de Loire-Atlantique. Le vieillissement fait que moins de places se libèrent chez les adultes. Aujourd’hui 190 jeunes de plus de 20 ans sont maintenus en IME.
Des familles qui lâchent l’affaire
Les parents qui attendent une place se retrouvent donc sans suivis de soins ni d’activité pour leur enfant handicapé. C’est sur cette faille que s’est placée Cap Family, une entreprise présente sur une vingtaine de départements en France, dont la Loire-Atlantique depuis 2024. Elle propose spécifiquement de mettre des familles en relation avec des professionnels formés aux handicaps neurodéveloppementaux et aux différents troubles autistiques. On retire un poids aux parents , explique Christophe Daufouy, le responsable de l’antenne 44 de Cap Family. Beaucoup de familles lâchent l’affaire sur ces tâches. Imaginez : ils doivent déjà gérer le quotidien et il faudrait qu’en plus, ils aient les compétences et le temps pour recruter des professionnels ? C’est un vrai combat et ça peut durer des années.
Trouver un intervenant et des aides financières
Alors, Cap Family « prérecrute des candidats selon les besoins de la famille. Si elle est d’accord, on gère ensuite toutes les tâches administratives : contrats de travail, changement de planning, éventuels remplacements. Et la famille reste l’employeur de l’intervenant. Christophe aide aussi les parents à s’y retrouver parmi les aides financières et ainsi, réduire les coûts des interventions à domicile.
« Comme une agence d’intérim pour les parents »
Certains professionnels du handicap redirigent les parents démunis vers nous, raconte Christophe, qui observe que l’État devrait faire plus ». Mais il remarque que, même si les institutions répondaient complètement à la demande, Cap Family a plus de souplesse que les institutions publiques ». « Par exemple, on peut trouver un candidat pour garder un enfant handicapé pour juste une soirée. On est parfois vu comme une agence d’intérim pour les familles », observe-t-il. En ce moment, Cap Family accompagne une cinquantaine de familles sur le département.