Adama Bamba

07 Mai 2026•Mise à jour: 07 Mai 2026

AA / Istanbul / Adama Bamba

Le député de La France insoumise (LFI) de l’Essonne, Antoine Léaument, a plaidé pour une réforme en profondeur de la lutte contre le racisme en France, estimant qu’il fallait « tout changer, de la cave au grenier », dans une séquence vidéo de la chaîne de communication « Mélenchon 2027.TV ».

Dans un message accompagnant la séquence vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le responsable communication de la France insoumise a affirmé que « 1,2 million de personnes subissent chaque année des actes racistes en France », avant de dénoncer le faible nombre de plaintes effectivement prises en compte par les autorités. « Les plaintes sont peu ou pas prises par la police et la justice », a-t-il écrit.

Au cours de son intervention, Antoine Léaument a estimé que le racisme restait insuffisamment compris dans la société française. Il a notamment évoqué la proposition de résolution déposée récemment par la députée LFI Danièle Obono « pour reconnaître le caractère traumatique du racisme ».

Le parlementaire a insisté sur « les aspects psychologiques du racisme », évoquant « une forme de déni de francité » ressentie par certaines personnes victimes de discriminations. « Quand on se fait refuser un logement, quand on se fait refuser un emploi (…) cela provoque un truc qui pèse et qui fait manquer de confiance en soi », a-t-il déclaré.

S’appuyant sur des chiffres du ministère de l’Intérieur, Antoine Léaument a affirmé que « 1,2 million de personnes (…) vivent une agression raciste chaque année », qu’il s’agisse « d’insultes », « d’agressions physiques » ou « de choses extrêmement violentes ». Il a également évoqué plusieurs affaires récentes de crimes racistes, citant notamment « Hichem Miraoui ».

Le député insoumis a par ailleurs dénoncé les difficultés rencontrées par les victimes lorsqu’elles souhaitent déposer plainte. « Le caractère raciste de la plainte n’est pas toujours pris en compte », a-t-il affirmé, évoquant notamment une affaire en Haute-Loire où, selon lui, « la police a refusé » de relever les propos racistes signalés par des victimes d’agression.

Parmi les mesures avancées, Antoine Léaument a appelé à « de la formation générale » au sein des forces de l’ordre et de la justice. Il a également estimé qu’il fallait « mettre au poste de responsabilité les personnes qui (…) subissaient des propos racistes ou des insultes sexistes à l’intérieur de la police ».

Le député LFI a aussi plaidé pour davantage de moyens accordés à la justice afin de permettre le traitement des plaintes liées aux agressions racistes et sexistes. « Il faut mettre des moyens dans la justice pour faire en sorte qu’on soit en capacité de traiter l’ensemble des affaires », a-t-il déclaré.

Critiquant certaines pratiques policières, Antoine Léaument a dénoncé les « contrôles d’identité répétés sur les mêmes personnes », qu’il juge « inutiles » et « contre-productifs pour la sûreté ». Selon lui, « pour certaines personnes, l’insécurité vient du policier qui fait le contrôle ».

Enfin, le député insoumis a appelé à des campagnes de sensibilisation plus larges contre toutes les formes de racisme, tout en visant la ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé. « Elle n’a rien fait, voire fait des choses contre-productives », a-t-il affirmé, estimant qu’elle « se réveille un peu tard, à un an de la fin du macronisme ».

« Fort heureusement, on en a bientôt fini avec Emmanuel Macron », a conclu Antoine Léaument.