Après avoir marqué les esprits avec son gigantesque 116UX de 116 pouces fin 2025, Hisense décline enfin sa technologie Mini-Led RGB dans une diagonale adaptée au grand public. Le Hisense UR9S prend donc le relais du très bon U8Q, qui s’était imposé comme l’un des téléviseurs Mini-Led les plus intéressants de 2025 grâce à un pic lumineux impressionnant et un bon rapport qualité-prix.

Le changement principal réside évidemment dans le rétroéclairage. Là où un Mini-Led classique utilise des diodes blanches ou bleues associées à des filtres de couleur, le Mini-Led RGB emploie des diodes rouges, vertes et bleues. L’intérêt est double : améliorer la pureté des couleurs et élargir la couverture des espaces colorimétriques, notamment le Rec.2020, tout en conservant les atouts du Mini-Led en matière de luminosité.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

Le UR9S arrive sur un segment encore calme pour quelques semaines, voire mois, les autres fabricants (TCL, Sony, LG, Samsung…) ayant déjà annoncé leurs propres modèles qui arriveront sur le marché très prochainement. Le Hisense UR9S vient pour le moment affronter le TCL C89K, redoutable en Mini-Led, mais aussi les Samsung S95F et LG G6, qui misent sur l’Oled et le QD-Oled avec des noirs parfaits.

Ce téléviseur a été lancé à 2000 € dans sa version 65 pouces que nous testons ici. Il est aussi disponible dans les diagonales suivantes :

  • 75 pouces à 2500 €
  • 85 pouces à 3000 €

À ce tarif, Hisense ne cherche plus seulement à proposer une alternative moins chère aux ténors du marché ; la marque veut s’installer durablement dans le haut de gamme avec une technologie et des performances qui pourraient, sur le papier en tout cas, venir titiller les modèles Oled.

Toutes nos mesures de luminosité et de colorimétrie mentionnées dans cet article ont été réalisées par Raphaël, calibreur certifié PVA, avec un spectroradiomètre Jeti specbos 2501-HiRes, un colorimètre Klein K10-A et le logiciel CalMAN Ultimate.

Note de la rédaction: 4,5 sur 5

ErgonomieC’est du sérieux

Le Hisense UR9S adopte un design assez classique avec un pied central et un cadre en métal. Le fabricant ne cherche pas à rivaliser avec la finesse des modèles Oled pensés pour une installation murale. Le TV s’avère même assez épais, mais l’ensemble respire le sérieux. Si cette épaisseur n’est pas gênante sur un meuble, l’intégration murale sera un peu moins élégante.

Le téléviseur est assez épais.

Le téléviseur est assez épais.

© Les Numériques

Le pied central du TV.

Le pied central du téléviseur.

© Les Numériques

La connectique, placée à l’arrière, regroupe l’essentiel : trois ports HDMI 2.1, deux ports USB, un port Ethernet, une sortie optique et une sortie mini-jack, sans oublier les prises antenne et satellite. Le wifi et le Bluetooth sont évidemment de la partie. On regrette simplement l’absence d’un quatrième port HDMI, presque incontournable sur le segment haut de gamme. Un DisplayPort est toutefois présent en USB-C, comme sur certains modèles de 2025 — une particularité que l’on ne trouve actuellement que chez Hisense.

La connectique de l'UR9S.

La connectique de l’UR9S.

© Les Numériques

Le téléviseur fonctionne sous l’interface maison de Hisense, Vidaa. Celle-ci a beaucoup progressé ces dernières années : la navigation est fluide, les menus sont clairs et les principales apps de streaming répondent présent. Si Google TV reste plus riche et universel, notamment pour la personnalisation ou l’usage de Chromecast, Vidaa a l’avantage de la rapidité et de la simplicité. Autre point positif : il n’est pas nécessaire de créer un compte pour profiter de l’ensemble des fonctionnalités, contrairement à de nombreux concurrents.

Les publicités prennent désormais beaucoup de place…

Les publicités prennent désormais beaucoup de place…

© Les Numériques

En revanche, on observe depuis l’an dernier une présence accrue de publicités sur la page d’accueil. Cela devient gênant, d’autant que certaines vidéos occupent beaucoup de place.

La télécommande reste fidèle à l’esprit des derniers modèles de la marque quoiqu’elle n’est pas rétroéclairée cette année. Assez imposante, elle multiplie les raccourcis vers les plateformes de streaming, mais demeure pratique au quotidien. On aurait apprécié un format un peu plus compact, mais elle a l’avantage d’embarquer un panneau solaire et des touches numérotées.

La télécommande est toujours aussi longue, mais polyvalente.

La télécommande est toujours aussi longue, mais polyvalente.

© Les Numériques

Note de la rédaction: 4 sur 5

Qualité d’imageDe belles performances, mais quelques problèmes subsistent

La technologie de rétroéclairage ne change pas la structure des sous-pixels qui sont toujours typiques d’une dalle LCD VA.

Les sous-pixels de la dalle.

Les sous-pixels de la dalle.

Comme souvent chez Hisense, il faudra se rendre dans les réglages pour obtenir l’image la plus naturelle possible. Le mode Filmmaker reste celui que nous conseillons pour regarder des films et séries, même si le résultat n’est pas aussi convaincant que sur les meilleurs téléviseurs du marché.

La colorimétrie SDR est par exemple très décevante. Nous avons mesuré un delta E moyen de 7,8, soit bien au-dessus du seuil de 2 à partir duquel les dérives deviennent visibles à l’œil nu. Les couleurs manquent donc de justesse avec des écarts assez nets sur certaines teintes. C’est d’autant plus dommage que la technologie Mini-Led RGB laisse espérer une très grande richesse colorimétrique et que le mode HDR est pour sa part bien calibré.

Comparer les photos

1 – Delta E SDR moyen en mode Filmmaker – 7,8
2 – Courbe de température des couleurs – moyenne 6250 K
3 – Courbe de gamma – moyenne 2,4

La température moyenne de couleur atteint de son côté 6250 K. Le blanc est donc légèrement plus chaud que la référence vidéo (6500 K), mais l’écart reste très raisonnable. Nous avons mesuré un gamma moyen à 2,4, lequel est quasi parfaitement stable, ce qui garantit une restitution cohérente des niveaux de gris.

La luminosité maximale en SDR culmine à 864 cd/m², une valeur très élevée dans l’absolu. L’UR9S pourra donc être utilisé sans difficulté dans une pièce baignée de lumière, même en journée. C’est l’un des gros avantages du Mini-Led face à l’Oled, encore plus sur un modèle aussi lumineux. À titre de comparaison, le LG G6 monte à 680 cd/m² en SDR, ce qui est déjà excellent pour un Oled, mais le Hisense conserve ici une marge confortable.

Le contraste est très bon grâce au rétroéclairage Mini-Led et à une gestion de l’atténuation locale (local dimming) efficace. Les noirs sont assez profonds pour un téléviseur LCD, même si l’on ne retrouve évidemment pas la perfection de l’Oled. Comme nous le verrons un peu plus bas, le blooming est malheureusement bien présent.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

Les angles de vision sont ceux d’un TV LCD et il ne fallait pas s’attendre à des miracles. C’est toutefois légèrement meilleur que sur les dalles Mini-Led classiques de 2025. Nous avons mesuré une perte de luminosité de 63 % à 45°, ce qui est très nettement visible dès que l’on s’écarte de l’axe central. Les couleurs perdent aussi en intensité et les noirs deviennent moins denses. L’Oled et le QD-Oled conservent donc un avantage structurel évident sur ce point.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

HDR

Le Hisense UR9S prend en charge les principaux formats HDR du marché : HDR10, HDR10+, HLG et Dolby Vision. C’est un vrai bon point face à des concurrents comme LG, qui continue de faire l’impasse sur le HDR10+, ou Samsung, qui refuse toujours le Dolby Vision.

Le suivi de la courbe EOTF est globalement propre, bien qu’un peu trop sombre dans les gris foncés et les noirs. L’image conserve néanmoins beaucoup d’impact sans trop écraser les détails dans les hautes lumières.

À gauche, la courbe EOTF en HDR10, fenêtre de 10 % ; à droite, la courbe de luminance HDR, fenêtre de 10 %.

À gauche, la courbe EOTF en HDR10, fenêtre de 10 % ; à droite, la courbe de luminance HDR, fenêtre de 10 %.

© Les Numériques

Nous avons mesuré un pic lumineux de 2938 cd/m² sur une fenêtre de 10 %. C’est énorme. Le Hisense UR9S se place ainsi largement devant les meilleurs Oled comme le Samsung S95F ou le LG G6 sur ce type de mire (le G6 culminant à 2340 cd/m² à 10 %). Il reste en revanche un peu derrière le TCL C89K, le Sony Bravia 9, et même le Hisense U8Q, mesurés à plus de 3200 cd/m², qui conservent donc une petite avance sur le pic lumineux HDR classique.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

Sur une fenêtre de 2 %, l’UR9S atteint 1740 cd/m². C’est une valeur élevée, mais moins spectaculaire que sur le LG G6, qui peut grimper à 3170 cd/m² sur de très petites zones lumineuses. En plein écran en revanche, le Hisense atteint 943 cd/m² : c’est là que le Mini-Led reprend très nettement l’avantage sur l’Oled. Le G6 est tout simplement deux fois moins lumineux en plein écran (456 cd/m²).

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

En HDR, l’UR9S se montre bien plus convaincant qu’en SDR en matière de justesse. La colorimétrie HDR est excellente, avec un delta E moyen de seulement 1,5. Les dérives sont invisibles à l’œil nu et le téléviseur exploite bien mieux son potentiel.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

La couverture des espaces colorimétriques était attendue au tournant, puisque ce TV est le premier Mini-Led RGB grand public du marché. Le résultat est impressionnant ! Le DCI-P3 est couvert à 99,3 %, tandis que le Rec.2020 atteint 94,6 %. C’est tout simplement la meilleure performance du marché actuel. Le LG G6 couvre par exemple environ 82,4 % du Rec.2020, , ce qui est déjà très bon, et le QD-Oled de Samsung flirte avec les 89 %. En attendant la sortie des Mini-Led RGB concurrents, l’UR9S gardera donc sa couronne.

A gauche, la couverture de l'espace DCI-P3 et à droite, le REC-2020.

A gauche, la couverture de l’espace DCI-P3 et à droite, le REC-2020.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

Une bonne gestion des reflets

Hisense a également soigné le traitement antireflet de son UR9S avec un revêtement inédit offrant un rendu mat, similaire à celui de Samsung. Nous avons mesuré une réflectance de 14,8 %, une très bonne valeur pour un téléviseur Mini-Led. Les reflets restent perceptibles si une fenêtre ou une lampe se trouve directement face à la dalle, mais ils sont nettement mieux contenus que sur la plupart des concurrents.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

Le UR9S fait mieux que beaucoup de TV Mini-Led, voire Oled milieu de gamme qui stagnent autour des 25 % de réflectance (40 % pour les mauvais LCD), et même mieux que le LG G6, qui descend pourtant à 17 % avec son nouveau filtre polarisant. Il ne parvient toutefois pas à rejoindre le Samsung S95F sur ce terrain, la référence absolue avec environ 6 % de réflectance. Dans une pièce très lumineuse, certains TV Samsung conservent donc l’avantage, notamment quand on regarde le téléviseur de biais.

Perception des noirs

Attention toutefois : ce traitement antireflet a, comme chez Samsung, un impact sur la perception des noirs dans une pièce éclairée. Le filtre diffuse la lumière et “grise” légèrement les noirs qui perdent alors en profondeur, mais la solution de Hisense est tout de même différente de celle de Samsung. Le rendu est assez mate, mais ne diffuse pas autant la lumière que sur les TV Samsung et les noirs sont donc un peu moins impactés. La solution de LG reste techniquement supérieure de ce point de vue, au prix de reflets plus nets.

La diffusion de la lumière est présente, mais pas aussi extrême que chez Samsung.

La diffusion de la lumière est présente, mais pas aussi extrême que chez Samsung.

Un blooming encore présent

Le clouding est très bien contenu sur notre exemplaire de test. On ne remarque pas de taches lumineuses majeures sur la dalle, témoignant d’une bonne homogénéité. Si le local dimming fait un travail convaincant pour préserver la profondeur des noirs dans la majorité des scènes, le blooming reste visible autour des objets très lumineux sur fond noir (sous-titres, étoiles ou certaines scènes sombres). Le phénomène est assez bien géré dans certaines scènes, mais il est bien plus présent dans d’autres… Il rappelle que l’on est encore sur un téléviseur LCD et que l’Oled et le QD-Oled sont meilleurs sur ce point.

Difficile à montrer en photo, mais dans certaines scènes, les noirs sont un peu délavés.

Difficile à montrer en photo, mais dans certaines scènes, les noirs sont un peu délavés.

© Les Numériques

Note de la rédaction: 4 sur 5

Jeux vidéoQuelques problèmes

Le Hisense UR9S affiche une fiche technique poussée pour les joueurs. Sa dalle grimpe à 170 Hz en natif et atteint même 180 Hz en VRR ; une première à notre connaissance. Une fréquence qui intéressera avant tout les joueurs PC capables d’exploiter un tel rafraîchissement, les consoles de salon étant encore limitées à 120 Hz.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

L’input lag est correct, sans se montrer exceptionnel. Nous avons mesuré 17,5 ms en 1080p 60 Hz. Il y aura donc environ une image de décalage entre l’action à la manette et sa répercussion à l’écran. Cela reste parfaitement jouable pour les RPG, les jeux d’aventure, les titres solo et même une bonne partie des jeux multijoueurs.

Plus étonnant, l’input lag grimpe à 25,4 ms en 1080p 120 Hz. C’est une valeur décevante et assez étrange, car le retard à l’affichage est censé diminuer drastiquement à 120 Hz. Un souci de traitement logiciel (processing) ou matériel (hardware) semble affecter ce modèle. À titre de comparaison, les meilleurs téléviseurs Oled gaming descendent souvent sous les 12 ms, voire autour de 5 ms à 120 Hz.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

Par ailleurs, la rémanence mesurée à 16 ms est convenable pour du LCD, mais loin de l’instantanéité de l’Oled. Un léger flou derrière les objets en mouvement rapide (le fameux ghosting) reste perceptible, notamment dans les FPS ou les jeux de course.

La colorimétrie du mode Jeu suit la même logique que celle du mode Filmmaker, puisque Hisense ne propose pas de profil Jeu dédié, mais simplement une option Jeu qui vient s’appliquer sur le profil utilisé. En SDR, le delta E stagne donc à 7,8, ce qui est trop élevé, mais retombe à 1,5 en HDR.

Hisense UR9S : un Mini-Led RGB très lumineux avec un excellent antireflet, mais pas sans défauts

Côté connectique, Hisense propose trois ports HDMI, tous compatibles HDMI 2.1. C’est un progrès par rapport aux téléviseurs limités à deux entrées 2.1, mais on aurait apprécié un quatrième port sur un modèle haut de gamme, surtout pour brancher plusieurs consoles, un PC et une barre de son en eARC.

Points forts

  • Forte luminosité en SDR.
  • Couverture Rec.2020 exceptionnelle.
  • Colorimétrie HDR excellente.
  • Compatibilité HDR10+ et Dolby Vision.
  • Très bonne gestion des reflets.
  • Dalle 180 Hz.

Points faibles

  • Colorimétrie SDR très imprécise.
  • Input lag à 120 Hz décevant.
  • Angles de vision limités.
  • Blooming encore présent.
  • Seulement trois ports HDMI.
  • Système audio puissant, mais brouillon.

Conclusion

Note de la rédaction

Note de la rédaction: 4 sur 5

Comment fonctionne la notation ?

Avec l’UR9S, Hisense apporte plusieurs innovations dignes d’intérêt à son catalogue. Le rétroéclairage Mini-Led RGB améliore la couverture colorimétrique — sans révolutionner le genre pour autant — et le nouveau filtre antireflet du téléviseur se montre très efficace. Si l’écran s’avère particulièrement lumineux, tout n’est pas parfait pour autant : la calibration SDR est dans les choux et les limites inhérentes à la technologie LCD restent visibles. De plus, les performances en jeu sont plus contrastées qu’espéré, avec notamment un input lag élevé à 120 Hz. Le UR9S n’est pas un mauvais téléviseur, tant s’en faut, mais tant que son cousin le 65 U8Q est disponible, ce dernier demeure bien plus attractif au regard de son tarif actuel.

Face à la concurrence

Face au Hisense U8Q, l’UR9S apparaît comme une légère montée en gamme sur certains points. Toutefois, le U8Q conserve un bien meilleur rapport qualité-prix : il est actuellement vendu 900 €, soit moins de la moitié du tarif de l’UR9S. Le TCL C89K demeure pour le moment l’un de ses rivaux les plus directs. Il affiche un pic lumineux supérieur et un meilleur rapport qualité-prix (vendu aux alentours de 1000 €), même s’il fait l’impasse sur un filtre antireflet. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les TV Oled haut de gamme du marché, tels que le LG 65G5 ou le Samsung 65S95F, s’avèrent plus compétitifs. Ils sont proposés à un tarif quasi identique, tout en offrant une qualité d’image supérieure.