l’essentiel
L’annonce du « Banquet tarnais », prévu le 21 novembre prochain à Albi, suscite déjà la polémique. Derrière la promesse d’une fête populaire dédiée au terroir, les opposants dénoncent une vitrine de la mouvance identitaire et multiplient les appels à l’interdiction. Entre soupçons de dérapages radicaux et défense des traditions, l’événement gastronomique tourne à l’affrontement politique plusieurs mois avant sa tenue.
Le rendez-vous n’aura lieu que le 21 novembre prochain au parc des expositions d’Albi. Pourtant, plusieurs mois avant sa tenue, la polémique enfle déjà autour de l’événement. Depuis plusieurs jours, l’annonce de la venue du Canon français dans le Tarn provoque une montée des tensions.
Au cœur de la contestation : les accusations visant certains précédents banquets de cette organisation, soupçonnée par ses opposants de servir de vitrine à une mouvance identitaire et ultraconservatrice. À Albi, un habitant a même lancé une pétition pour demander l’interdiction de l’événement.
En apparence, le rendez-vous reprend les codes d’une grande fête populaire : longues tablées, produits du terroir, chants régionaux et convivialité revendiquée autour d’une certaine idée de la « France des traditions ». C’est précisément l’image que revendique le Canon français, une structure née en 2021 qui organise des « banquets géants » un peu partout dans le pays.
Les organisateurs se défendent
Sur la page de réservation du futur « Banquet tarnais », prévu au parc des expositions d’Albi, l’événement promet donc une soirée consacrée « au terroir », avec producteurs locaux, convivialité et folklore régional. Mais derrière cette image festive revendiquée par les organisateurs, les critiques et les controverses se sont multipliées ces dernières semaines.
La controverse a pris une nouvelle ampleur après le banquet organisé à Caen en avril dernier. Dans un reportage diffusé par France Inter, un journaliste infiltré affirme avoir assisté à des propos racistes, des insultes islamophobes ainsi qu’à des gestes présentés comme des saluts nazis. Parmi les soutiens financiers du Canon français figure notamment l’homme d’affaires Pierre-Édouard Stérin, entrepreneur catholique conservateur régulièrement cité dans des enquêtes consacrées aux réseaux de la droite radicale.
Ses organisateurs rejettent fermement les accusations politiques et assurent vouloir uniquement célébrer « le patrimoine français », la gastronomie et la convivialité. Ils dénoncent régulièrement des caricatures médiatiques et affirment ne pas être responsables des comportements isolés de certains participants.
Une pétition contre la tenue de l’événement
Dans ce contexte tendu, l’annonce du « Banquet tarnais » à Albi n’est donc pas passée inaperçue. Sur les réseaux sociaux, Nathanaël Suaud, ancien colistier de Jean-Luc Suarez, candidat PS aux dernières municipales d’Albi, a annoncé avoir écrit au préfet du Tarn pour demander l’interdiction de l’événement et à la maire d’Albi afin qu’elle refuse la mise à disposition de la salle.
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« Ces faussaires du terroir, qui vendent 80 € un repas tiède en marinière, n’ont pas leur place dans notre ville et notre département », écrit-il. Celui qui est également collaborateur parlementaire au Parlement européen appelle les habitants à signer une pétition en ligne contre la tenue de l’événement. Une initiative qui pourrait marquer le début d’une séquence politique particulièrement sensible à Albi dans les prochains mois.
Pour le moment, les organisateurs maintiennent le « Banquet tarnais » et poursuivent les réservations malgré la contestation grandissante. À ce stade, aucun arrêté d’interdiction n’a été annoncé par les autorités. Mais à plusieurs mois de l’événement, la tension monte déjà autour de cette journée qui pourrait rapidement dépasser le simple cadre gastronomique.