Le long conflit qui opposait la métropole de Nice et la préfecture des Alpes-Maritimes concernant les paquebots de croisière n’est plus. Eric Ciotti se range du côté de la préfecture, alors quelles sont les réglementations pour l’été ? L’opposition dénonce ce qu’elle appelle un recul.

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Retour sur un feuilleton qui avait animé la Côte d’Azur la saison dernière. Celle-ci devrait être beaucoup plus calme. Eric Ciotti, le nouveau maire de Nice et président de la métropole Nice Côte d’Azur, a déclaré que le dernier arrêté de la préfecture lui convenait parfaitement : « J’ai mis un terme à ce contentieux, annonce-t-il. Cet arrêté me convient parfaitement. Il me paraît tout à fait équilibré. »

Il faut remonter à janvier 2025, Christian Estrosi annonce lors de son meeting de rentrée, vouloir se « débarrasser » des gros navires qui n’ont « pas leur place chez nous ». Un premier arrêté avait été pris sans concertation avec Christophe Trojani, le maire de Villefranche-sur-Mer à ce moment, principal concerné par les paquebots de croisière. Puis il y a eu la scène du 3 juillet 2025 où Christian Estrosi tente de remettre un courrier informant le capitaine d’un navire « qu’il n’a pas le droit d’être là », en rade de Villefranche-sur-Mer.

La séquence filmée par France 3 Côte d’Azur était devenue virale.

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Depuis ce mardi 1er juillet, les bateaux de croisière sont limités dans la rade de Villefranche-sur-Mer dans les Alpes-Maritimes, mais certains navires ne respectent pas les règles. Ce jeudi 3 juillet, Christian Estrosi, maire de Nice et président de la Métropole Nice-Côte d’Azur est parti à l’abordage pour tenter de discuter avec les équipes d’un paquebot.

©FTV

Le 9 juillet un nouvel arrêté est publié : »l’amarrage, l’embarquement et le débarquement des passagers des navires de croisière dont la capacité excède 450 passagers via les infrastructures du port et de la gare maritimes de Nice » et à 2 500 voyageurs à Villefranche. Il annonce aussi limiter à « maximum 65 escales par an dans la limite d’un seul navire de croisière par jour » sur l’année. Mais rapidement la préfecture dénonce l’illégalité de l’arrêté.

Trois jours plus tard, saisi en référé, la justice administrative a estimé que le président de la Métropole Nice Côte d’Azur n’était pas compétent pour édicter de telles mesures, seul le préfet des Alpes-Maritimes pouvant, dans le cadre de ses pouvoirs de police du plan d’eau, organiser les entrées, les sorties et les mouvements des navires.

Via deux arrêtés, pour répondre aux demandes des maires de Cannes et de Nice, la préfecture signe un premier arrêté en octobre, puis un second interpréfectoral en décembre 2025 qui fait aujourd’hui foi. Celui-ci détermine « le nombre total de passagers », qui sera « limité à une moyenne annuelle de 2000 passagers débarqués par jour d’escale”.

Le préfet ajoute également : « limiter exceptionnellement à 3 000 passagers maximum débarqués simultanément par jour d’escale, quel que soit le nombre de navires en escale dans le strict respect de la moyenne annuelle des 2 000 passagers débarqués par jour d’escale. »

Christian Estrosi souhaitait réduire la capacité et le nombre de bateaux de croisière, notamment dans la rade de Villefranche-sur-Mer.

Christian Estrosi souhaitait réduire la capacité et le nombre de bateaux de croisière, notamment dans la rade de Villefranche-sur-Mer.

© Archives France Télévisions

Le nombre de ces navires en escale débarquant dans le même port est « limité à un navire par jour et par zone de mouillage ou d’arrêt ».

Lors de la période estivale, du 1ᵉʳ juillet au 31 août, il y aura maximum « 15 navires par mois et par zone de mouillage ou d’arrêt, cette limite s’imposant uniquement aux navires transportant plus de 1 300 passagers », ajoute l’arrêté.

Non content de l’arrêté, Christian Estrosi avait saisi la justice administrative au nom de la métropole pour attaquer l’arrêté, la procédure est désormais enterrée par Eric Ciotti.

Pour l’opposition écologiste, c’est un net recul : « On se rend compte que la nouvelle équipe municipale a une autre vision de ce que sont la pollution atmosphérique et les bateaux de croisières, pour eux les gros bateaux en Méditerranée, ce n’est pas un problème » explique Juliette Chesnel-Le Roux, cheffe de file écologiste à Nice.

« L’arrêté préfectoral était une première étape, tout à fait insuffisante, désormais on espère mener plutôt un combat national autour des croisières… En tout cas, dans la métropole, c’est parti pour ne pas évoluer », conclut l’élue.

Du côté de Villefranche-sur-Mer, le maire fraîchement élu, Robert Capelier se range du côté d’Eric Ciotti : »l’arrêté du 9 décembre me convient parfaitement » répète-t-il. « Je vois que nos restaurants se remplissent, ce que je veux c’est que croisiéristes et Villefranchois vivent en harmonie ».

Et selon le maire, pour le moment cela à l’air de fonctionner, même si l’arrêté n’est pas très restrictif. « J’entends des commerçants qui voient la manne financière, la décroissance je n’y crois pas trop. Ce qu’on ne veut pas, c’est qu’un flot immense se déverse dans notre petite ville ». La limite est désormais, sauf exception, d’un paquebot par jour d’un maximum de 3 000 passagers.