- Sébastien Lecornu a assuré ce jeudi que le projet de LGV du Sud-Ouest est « désormais irréversible ».
- La ligne doit ainsi relier Bordeaux à Toulouse d’ici à 2035 en une heure, contre deux heures actuellement, avant un prolongement à l’avenir vers l’Espagne.
- Mais sa mise en œuvre est largement compromise ces dernières années, en raison de son coût écologique et financier.
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Après l’interminable feuilleton du budget, Lecornu trace sa route
C’est un projet vieux de 40 ans (nouvelle fenêtre), qui semble désormais sur les bons rails. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a affirmé ce jeudi que le projet de ligne à grande vitesse du Sud-Ouest est « désormais irréversible ». Et ce, après avoir signé à Toulouse un protocole d’accord sur le sujet en présence des élus des collectivités concernées.
« Son irréversibilité se traduit évidemment par des premières sommes d’argent, pratiquement 500 millions d’euros, qui seront débloquées pour permettre de lancer les procédures d’appels d’offres », a ainsi confirmé le locataire de Matignon, à propos d’un projet, initialement lancé… en 2002, mais dont la mise en œuvre (nouvelle fenêtre) effective, aujourd’hui décalée à 2035 pour la ligne desservant Bordeaux et 2042 pour celle reliant Dax, a été maintes fois retardée.
Difficultés budgétaires
Le Premier ministre, entouré de nombreux membres du gouvernement, dont le ministre des Transports, Philippe Tabarot, la ministre de l’Aménagement du territoire, Françoise Gatel, le ministre des Comptes publics, David Amiel, mais aussi du patron de la SNCF, l’un de ses prédécesseurs à Matignon, Jean Castex, a cité longuement les obstacles rencontrés (nouvelle fenêtre) par le gouvernement.
En tête d’entre eux : l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, qui a amplifié les difficultés budgétaires (nouvelle fenêtre) et le « peu de temps d’ici à la fin du quinquennat ». Malgré cela, il a jugé « impensable » de « ne pas bouger » sur certains dossiers comme le militaire, l’énergie ou encore en l’espèce « les questions de transports », « tout aussi importantes » selon lui.
Ce qui était important, c’était l’annonce qui vient d’être faite par le Premier ministre et l’irréversibilité du projet
Philippe Tabarot, ministre des Transports
Reste qu’avant de voir le jour, il reste pour l’exécutif de nombreux sujets à trancher. Car la venue de Sébastien Lecornu a surtout permis de rassurer les élus locaux d’un hypothétique désengagement de l’Etat (nouvelle fenêtre), dont la participation devait initialement s’élever à 40% du budget, à la hauteur de la contribution des collectivités, l’Union européenne fournissant les 20% supplémentaires. Au total, le coût de la LGV était évalué à 14 milliards d’euros en 2020, selon le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), organe consultatif composé d’experts et de parlementaires.
« Nous nous sommes donnés encore un mois pour échanger ensemble sur ces différents sujets, pour pouvoir trancher avec les collectivités, a précisé de son côté le ministre des Transports Philippe Tabarot. Plus qu’un montage aujourd’hui, ce qui était important, c’était l’annonce qui vient d’être faite par le Premier ministre et l’irréversibilité du projet. Pour le reste, sur le calendrier… »
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Reste que la poursuite du projet se heurte également à une forte protestation écologique. Dans un communiqué, les opposants à la LGV estiment que la construction des lignes est « en contradiction flagrante avec tous les enjeux, engagements et obligations de la France en matière environnementale » et appellent à y substituer « une régénération et modernisation des lignes existantes ».
Aymen Amiri avec AFP
