Relance du nucléaire, nouveaux EPR, arrêt des subventions pour l’éolien… Le candidat LR à la présidentielle cherche à se démarquer de d’Édouard Philippe et du Rassemblement national.

C’est la suite logique du «pari» retailliste. On le martèle ainsi dans son cercle proche : «dérouler, dérouler, dérouler». Le pari «retailliste» ? Convaincre, à la manière de François Fillon, sur la base d’un projet «sérieux». Ce jeudi, Bruno Retailleau, le patron des Républicains et candidat LR à la présidentielle était à Nogent-sur-Seine (Aube) pour présenter le volet «énergie» de son programme.

Les grandes lignes sont claires : appuyer la relance du nucléaire, encourager la construction de nouveaux réacteurs EPR de 4e génération (au moins six), défendre une souveraineté française face à l’Union européenne (UE) et mettre fin aux subventions de nouvelles capacités éoliennes et photovoltaïques. Dans la droite ligne de la tribune que le Vendéen avait cosignée dans Le Figaro alors qu’il était ministre de l’Intérieur – provoquant l’ire du camp présidentiel. Manière, cette fois encore, de se démarquer de la concurrence dans la course élyséenne alors qu’autour de Bruno Retailleau, l’on insiste sur le flou programmatique d’Édouard Philippe et l’absence de crédibilité du Rassemblement national (RN).


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«Les idées claires pour entrer dans la danse»

«Une cote de popularité ne fait pas un projet», cingle l’un de ceux qui gravitent autour de lui depuis le siège, tout en trahissant une forme d’impatience. Confiant, cette même source croise les doigts : «On espère qu’à force, le sérieux l’emportera sur les coquilles vides qui, c’est vrai, nous dépassent pour l’instant.» Un élu renchérit : «Il faut avoir les idées claires très rapidement.» S’imposer en favori d’ici à l’automne, très idéalement. Au pire, «entrer dans la danse, que ce soit via une primaire ouverte mais même pendant des débats à venir, en ayant su convaincre que le vrai projet de droite, il est chez LR».

Dresser le constat d’une dégradation énergétique en perdition, est aussi une manière pour le candidat LR de pilonner le bilan de l’actuel chef de l’État. «Quinze ans d’incompétence et d’idéologie se payent cash sur notre facture d’électricité (…). Hollande, puis Macron et ses gouvernements successifs, ont méticuleusement démantelé cet héritage», peut-on lire dans un communiqué. Et bien sûr, derrière, Édouard Philippe qui, rappelle-t-il régulièrement, était premier ministre quand a eu lieu la fermeture de Fessenheim. Une fois de plus, viser «l’héritier». Un poids lourd du Sénat résume : «L’électorat qu’il doit conquérir, et peut-être même créer, c’est “ni RN, ni Philippe”.»