Le BAIC BJ60 débarque en Europe avec une promesse alléchante : offrir un vrai 4×4 familial sans exploser le budget. Ce mastodonte chinois de 5,15 mètres vise directement les Toyota Land Cruiser et Land Rover Defender 130, mais avec un tarif qui devrait faire mal – dans le bon sens du terme. Prévu pour 2027, ce baroudeur familial mise sur une motorisation hybride de 256 chevaux et l’étiquette ECO pour séduire les familles nombreuses.

Sur le papier, l’équation semble séduisante : sept places, capacités tout-terrain crédibles et une fiche technique qui en impose. Le constructeur chinois BAIC n’y va pas par quatre chemins et positionne son BJ60 comme l’alternative accessible aux mastodontes japonais et britanniques. Reste que dans ce segment, les promesses marketing se heurtent souvent à la réalité du terrain.

Car franchement, proposer un 4×4 familial digne de ce nom à prix maîtrisé, c’est le Graal que cherchent tous les constructeurs. Entre les Land Cruiser hors de prix et les SUV urbains qui se prennent pour des baroudeurs, la place est libre. Mais sur le terrain, c’est une autre histoire.

SUV chinois 7 places 5 metres 256 CV hybride ECO 2027

Ce mastodonte chinois de 5,15 mètres vise les Land Cruiser avec un tarif qui devrait faire mal aux références établies © BAIC
Un gabarit de poids lourd pour la famille

Avec ses 5,15 mètres de long, le BAIC BJ60 ne passe pas inaperçu. Cette longueur généreuse permet d’accueillir confortablement sept passagers, mais elle a un prix : l’agilité en pâtit forcément. Sur les pistes étroites ou dans les épingles serrées, ces dimensions XXL peuvent rapidement devenir un handicap. On ne plaisante pas avec la géométrie quand il s’agit de négocier un pierrier corse ou une piste forestière.

L’habitabilité profite logiquement de ce gabarit imposant. Les trois rangées de sièges offrent un espace correct, même si la troisième banquette reste réservée aux enfants – comme toujours sur ce type de véhicule. Le coffre, modulable grâce aux sièges rabattables, permet d’avaler les bagages d’une tribu en vadrouille. Pratique pour les familles nombreuses qui partent à l’aventure.

Côté style, BAIC assume le look baroudeur avec des lignes carrées et des protections plastiques. Les marchepieds latéraux électriques facilitent l’accès à bord, tandis que la roue de secours accrochée au hayon rappelle les codes du vrai 4×4. Pas de fioritures, juste l’efficacité.

BAIC BJ60 design baroudeur protection plastique

Des lignes carrées et des protections plastiques qui assument le look baroudeur sans fioritures © BAIC
Une mécanique hybride pour l’étiquette ECO

Sous le capot, BAIC mise sur un 2.0 turbo essence développant 256 chevaux, épaulé par un petit moteur électrique de 13,6 chevaux. Cette hybridation légère permet d’atteindre un couple maximum de 450 Nm – suffisant pour tracter une caravane ou s’extraire d’un mauvais pas. La boîte automatique 8 rapports de série gère les transmissions, couplée à une transmission intégrale permanente.

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Consommation réaliste pour un mastodonte

Avec 9,8 L/100 km annoncés, le BJ60 reste dans la norme pour un véhicule de ce gabarit. C’est moins gourmand qu’un Land Cruiser V8, mais ne vous attendez pas aux consommations d’une citadine. L’hybridation légère aide surtout en ville, où le moteur électrique peut prendre le relais à basse vitesse. Sur autoroute ou en tout-terrain, c’est le thermique qui fait le gros du travail.

L’étiquette ECO ouvre les portes des zones à faibles émissions, un avantage non négligeable pour les familles urbaines. Certains marchés européens proposent déjà une version GPL pour réduire encore les coûts d’usage – une option qui pourrait arriver en France si la demande suit.

instrumentation digitale connectivité Apple CarPlay Android Auto

Instrumentation digitale et connectivité moderne pour rivaliser avec les références premium © BAIC
Les vraies capacités tout-terrain

On ne plaisante pas avec les capacités 4×4 : le BAIC BJ60 affiche une garde au sol de 215 mm et une capacité de gué de 750 mm. Ces chiffres placent ce chinois dans la cour des vrais baroudeurs, loin des SUV urbains et de leurs 17 cm de garde au sol ridicules. Ça passe, ou ça casse – ici, ça devrait passer.

Transmission intégrale et blocages de différentiels

Le conducteur dispose des modes 2H, 4L et 4H, avec possibilité de bloquer les différentiels avant et arrière. Cette dotation technique sérieuse permet d’aborder les terrains difficiles avec sérénité. Le réducteur de vitesse 4L s’avère indispensable pour franchir les passages délicats à vitesse réduite, tandis que les blocages de différentiels assurent la motricité sur les terrains glissants.

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Un équipement pléthorique pour se démarquer

BAIC sort l’artillerie lourde côté équipement : phares Full LED adaptatifs, régulateur adaptatif, aide au maintien de voie, caméra 360°, climatisation tri-zones, toit panoramique, sellerie cuir, sièges électriques ventilés et chauffants. Cette dotation généreuse vise à justifier un positionnement premium face aux références établies. L’instrumentation digitale et la connectivité Apple CarPlay/Android Auto complètent un ensemble moderne, même si la qualité des matériaux reste à vérifier sur le terrain. Les sièges massants et la prise 220V ajoutent une touche de raffinement bienvenue pour les longs trajets. Reste à voir si cette débauche d’équipements tient la route sur la durée – les constructeurs chinois ont encore du chemin à parcourir sur ce point. Le pack LED intérieur et les équipements de sécurité avancés (détection d’angle mort, alerte de trafic transversal) montrent que BAIC veut jouer dans la cour des grands. Sur le papier, c’est impressionnant. Sur le terrain, seul un essai prolongé dira si cette promesse tient la route.

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Trois rangées de sièges pour accueillir la tribu, même si la troisième reste réservée aux enfants © BAIC
Un positionnement tarifaire qui interpelle

Les premiers tarifs européens tournent autour de 50 000 € en promotion, avec un prix catalogue affiché à 52 490 € pour la version essence. La déclinaison GPL grimpe à 55 990 €, mais promet des coûts d’usage réduits. Ces montants placent le BAIC BJ60 bien en dessous d’un Land Cruiser ou d’un Defender 130, mais au niveau d’un Hyundai Santa Fe ou d’un Kia Sorento bien équipés.

Pour la France, aucun tarif officiel n’a encore filtré. BAIC devra composer avec le malus au poids – ce mastodonte de plus de 2 tonnes risque de payer cher sa gourmandise sur la balance. L’arrivée prévue pour 2027 laisse le temps au constructeur d’affiner sa stratégie tarifaire pour le marché français.

Face à un Toyota Land Cruiser qui dépasse allègrement les 80 000 € ou un Defender 130 qui flirte avec les 100 000 €, l’équation du BAIC BJ60 semble séduisante. Mais attention aux mauvaises surprises : dans l’automobile, les prix d’appel cachent souvent des options indispensables qui font grimper l’addition. Sur le terrain, seul l’essai dira si ce chinois tient ses promesses face aux références établies.

Reste que l’initiative mérite d’être saluée : proposer un vrai 4×4 familial à prix maîtrisé, c’est exactement ce qui manque au marché européen. Entre les mastodontes hors de prix et les faux baroudeurs urbains, la place est libre pour qui saura la prendre. Le BAIC BJ60 aura-t-il les épaules pour s’imposer ? Réponse en 2027, sur le terrain.

roue secours hayon estribos electricos 4x4

Roue de secours au hayon et marchepieds électriques : les codes du vrai 4×4 respectés © BAIC
L’offensive chinoise sur le segment premium

Avec le BJ60, BAIC s’attaque frontalement au segment des grands SUV familiaux, traditionnellement dominé par les constructeurs japonais et européens. Cette stratégie s’inscrit dans l’offensive généralisée des marques chinoises sur les créneaux premium, après avoir conquis le marché de l’électrique abordable. Le pari est audacieux : convaincre une clientèle européenne exigeante avec un produit chinois sur un segment où la fiabilité et la robustesse priment.

Le constructeuestribos laterale chinois mise sur un rapport équipement-prix déstabilisant pour bousculer les références établies. Cette approche a déjà fait ses preuves sur d’autres segments, où des marques comme BYD ou MG ont su s’imposer. Mais le tout-terrain familial reste un territoire plus conservateur, où les acheteurs privilégient souvent les valeurs sûres.

L’arrivée programmée pour 2027 laisse le temps à BAIC de peaufiner son réseau de distribution et son service après-vente – deux points cruciaux pour réussir sur ce marché. Car proposer un 4×4 familial, c’est aussi s’engager sur la durée avec des clients qui parcourent souvent de gros kilométrages en conditions difficiles.

Face aux Land Cruiser indestructibles et aux Defender iconiques, le BAIC BJ60 devra faire ses preuves sur le terrain. Les familles nombreuses en quête d’aventure attendent un véhicule fiable, capable d’encaisser les kilomètres et les terrains difficiles sans broncher. Sur le papier, les ingrédients sont réunis. Reste à valider la recette sur les pistes d’Europe, là où les vrais 4×4 se révèlent.