Par
Fabien Binacchi
Publié le
7 mai 2026 à 18h19
C’était réclamé par la famille du jeune homme. Une information judiciaire du chef d’homicide volontaire a été ouverte après la mort de Mehdi, abattu fin avril par la police municipale de Marseille, annonce ce jeudi 7 mai le parquet.
La famille de la victime, âgée de 26 ans, avait déposé une plainte avec constitution de partie civile dans les jours suivant sa mort, le 23 avril.
« On leur a juste dit qu’il était mort »
« La famille est soulagée, elle va pouvoir avoir des réponses sur ce qui s’est passé. On leur a juste dit qu’il était mort, pas comment ni pourquoi », a déploré auprès de l’AFP Me Kanya Kadjar, l’une des deux avocats de la partie civile.
Après les faits, elle avait indiqué dans un communiqué : « la famille sollicite l’ouverture d’une information judiciaire confiée à un juge d’instruction indépendant, seul à même de garantir une enquête impartiale ». Chose faite : un magistrat a été désigné ce jeudi matin.
Dans quelques jours, nous aurons accès au rapport d’autopsie et à l’ensemble du dossier.
Me Kanya Kadjar
Contrôlé dans le 11e arrondissement de Marseille, à l’est de la ville, Mehdi était sorti de son véhicule muni d’un couteau et avait menacé les trois policiers municipaux, selon les déclarations de ces derniers, rapportées par une source proche de l’enquête.
Aucune vidéo disponible
Un des agents a tiré à trois reprises sur le conducteur, d’après cette même source. Me Kanya Kadjar évoque, elle, deux tirs « sur le haut du corps ».
Concernant l’exploitation d’éventuelles images des faits, la zone précise des tirs n’est pas couverte par des caméras de vidéosurveillance et le déclenchement automatique des caméras piéton des agents n’a pas fonctionné, avait indiqué la source proche de l’enquête.
Le syndicat FO de la police municipale a défendu dans un communiqué « un acte de légitime défense » des agents mis en cause.
Il était condamné à 4 ans de prison
Mehdi était « défavorablement connu des services de la justice et de la police », avait indiqué le parquet au tout début de l’enquête. Il était sous le coup d’un mandat d’arrêt après sa condamnation à 4 ans de prison en novembre dans une affaire de trafic de stups.
Sept bonbonnes de protoxyde d’azote, substance connue sous le nom « gaz hilarant », ont été retrouvées dans sa voiture, avait-on appris au lendemain des faits.
Une marche est organisée par la famille du défunt dimanche à 14h30 dans le 2e arrondissement de Marseille, au départ de la Major.
Avec AFP
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