Mieux accompagner les personnes exilées et en situation de précarité, telle est la mission du Réseau Louis-Guilloux. L’association, basée à Rennes, organisait un colloque, ce jeudi 7 mai 2026, aux Ateliers des Capucins, à Brest, sur le thème de la catégorisation des patients. « Concrètement, quels sont les enjeux dans la prise en charge médicale des personnes migrantes ? Pour cela, quatre tables rondes ont été organisées. Des sociologues, médecins, chercheurs et anthropologues ont présenté une réflexion théorique sur ce sujet », détaille Alice Pena, assistante de projet.

Une césarienne sans le savoir

Ce colloque, organisé tous les deux ans, a suscité la curiosité de 150 personnes, présentes dans le public de l’auditorium. Elles assistaient à la première table ronde animée par Lucia Gentile, anthropologue, Arthur Vuattoux, sociologue, et Lamia Missaoui, professeure de sociologie. « Je vous partage le témoignage d’une femme, qui ne parle pas français, son mari sert donc d’interprète, lors d’une consultation en prévision de son accouchement. Elle donnera naissance à son enfant par césarienne. Elle ne l’avait pas compris. Elle résume la situation ainsi : si tu connais la langue, ils te font confiance. Si tu ne la connais pas, personne ne te voit », expose l’anthropologue.

Un manque criant d’interprètes

La question du manque d’interprètes dans le milieu médical a des conséquences directes sur les migrants, et plus particulièrement les femmes. « On dénombre plus de femmes migrantes victimes de violences médicales et obstétricales. Ce ne sont pas des difficultés personnelles, c’est l’un des enjeux politiques du soin », rappelle Lucia Gentile, qui publie « Quand la langue devient un enjeu de soin : expériences périnatales des femmes sud-asiatiques non francophones », dans la revue Rhizome.

Pour lutter contre ce phénomène, l’association dispose d’une vingtaine d’interprètes dans son réseau et propose de former les professionnels à l’accueil des personnes migrantes grâce au programme Datasam. Le tout chapeauté par des médecins coordinateurs basés à Brest, Quimper, Lorient, Vannes, Rennes et Saint-Brieuc