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À Toulouse, ce jeudi 7 mai, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que le projet de LGV Sud-Ouest est « désormais irréversible ». Une déclaration commentée à Agen où la question du nombre d’arrêts dans la future nouvelle gare est un enjeu majeur.

Une nouvelle avancée à un moment où un doute planait. Le projet de LGV Sud-Ouest est « désormais irréversible », a lancé ce jeudi 7 mai le Premier ministre Sébastien Lecornu en déplacement à Toulouse. « C’est une bonne chose que l’État soit clair sur ce sujet, car il y a eu un moment de flottement pénible », réagit Henri Tandonnet. Il est le cofondateur du Club TGV Gare d’Agen Porte de la Gascogne. L’objet de cette association est de promouvoir la création de la gare nouvelle située sur la rive gauche d’Agen, précisément à Brax.

Le contenu d’un rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) a en effet fuité en avril dernier et semé le trouble. Ce document ne remettait pas en cause l’utilité de la LGV pour pallier la saturation actuelle du réseau ferroviaire, mais une livraison en 2035 lui semblait « plus plausible ».

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Cette dernière était auparavant annoncée en 2032. Outre ce retard, une réévaluation du coût du projet de + 20 % environ était présentée comme « probable ». Le COI observe par ailleurs que « la participation de l’État sera difficilement mobilisable à la hauteur et dans le cadre auxquels il s’était pourtant engagé ».

« Rendre la nouvelle gare la plus accessible possible »

« Je ne suis pas étonné par la position du Premier ministre, poursuit l’ancien maire de Brax. Les travaux sont bien engagés. Ils sont quasiment terminés au sud de Bordeaux et au nord de Toulouse. Les procédures d’acquisition se poursuivent, les sondages également. » Les propos de Sébastien Lecornu ne fléchissent par contre pas la position de Laurent Bruneau sur ce dossier sensible.

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« Mes préoccupations demeurent inchangées », indique le maire d’Agen avant de dégainer une série de questions : « Est-ce que les arrêts dans la nouvelle gare sont garantis ? Est-ce que le territoire aura autant d’arrêts que maintenant ? Qui financera l’exploitation de la navette entre les deux gares ? Quels seront les moyens financiers consacrés à la rénovation des lignes existantes pour les trains du quotidien ? » Ce sont, dit-il, les réponses à ces interrogations qui importent. « Et ces réponses, hélas, nous ne les avons toujours pas. »

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« Et nous ne pouvons pas les avoir aujourd’hui », glisse Henri Tandonnet. Celui-ci a toujours soutenu l’idée que si le choix de la LGV Bordeaux-Toulouse ne dépendait pas des acteurs agenais, ces derniers devaient se préparer à son arrivée. « Nous n’aurons des arrêts que si nous avons des clients. Cela implique de rendre la nouvelle gare la plus accessible possible. » Pour les défenseurs de la LGV, le combat est là. La réouverture de la ligne Agen-Auch est l’une des clefs pour qu’Agen ne regarde pas passer les trains à grande vitesse.

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Les collectivités abondent financièrement ce projet à des niveaux inégalés

Un protocole d’accord relatif au financement de la Ligne Nouvelle du Sud‑Ouest (LNSO) a aujourd’hui été signé entre l’État et les collectivités territoriales communiquent les Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Les collectivités tiennent également à rappeler que ce projet concerne l’intégralité du schéma de la LNSO, avec les deux branches indissociables de la ligne nouvelle : Bordeaux – Toulouse et Bordeaux – Dax. Elles tiennent également à rappeler que l’accélération du projet doit constituer une priorité de l’État et de SNCF Réseau, s’agissant de connecter un territoire trop longtemps à l’écart de la grande vitesse. Les collectivités abondent financièrement ce projet à des niveaux inégalés (à hauteur de 40 % : c’est 6 points de plus que la LGV Est, et c’est en milliards d’euros que cela pèse sur le budget des collectivités et non celui de l’État).
Dès 2026, cet engagement politique se traduira concrètement par des engagements financiers solides et coordonnés de l’État et des collectivités territoriales, permettant de poursuivre les acquisitions foncières, les études, les mesures environnementales et le lancement des procédures de contractualisation des marchés, dans un cadre sécurisé et lisible pour l’ensemble des acteurs. Au total, 820 M€ seront engagés au cours des années 2026 et 2027, à parité entre l’État et les collectivités territoriales, pour aller jusqu’à l’attribution des marchés de construction.

 

En parallèle, les Parties s’engagent à ce que la procédure d’attribution des contrats soit engagée avant la fin de l’année 2026.