Les bureaux de vote ont fermé jeudi à 21h00 GMT (23h00 en Suisse) en Angleterre, Ecosse et au Pays de Galles, et les premiers résultats sont attendus dans la nuit et tout au long de la journée de vendredi.
Les sondages prévoient un recul de la formation de centre-gauche lors de ce premier grand test électoral pour Keir Starmer. La popularité du dirigeant de 63 ans a chuté après une série de faux pas, revirements et polémiques, suscitant en interne la tentation de le remplacer à Downing Street.
L’immigration cristallise aussi le mécontentement de nombreux Britanniques, alors que le nombre de migrants clandestins arrivés par la Manche depuis 2018 est sur le point de passer la barre des 200’000.
« Cette élection va consolider la position de Reform en tant que force dominante de la politique britannique », assure Zia Yusuf, un porte-parole du parti d’extrême droite Reform UK, interrogé par l’AFP lors de la soirée électorale.
Plus de 5000 sièges d’élus locaux étaient en jeu (sur plus de 16’000) en Angleterre, et les électeurs ont voté pour renouveler les Parlements gallois et écossais.
A la sortie d’un bureau de vote à Islington à Londres, Dan Ellis, un retraité de 61 ans, dit qu’il veut « envoyer un message au niveau national »: « les choses ne marchent pas ».
A Edimbourg, Claire Oommen, photographe de 33 ans, se dit déçue mais reconnaît au Premier ministre de « bonnes intentions » et de bons résultats à l’international.
Selon les dernières enquêtes d’opinion, le Labour pourrait perdre jusqu’à 2000 sièges en Angleterre et surtout la majorité au Parlement gallois, ce qui serait une première depuis la création de celui-ci en 1998.
Au Pays de Galles, le parti nationaliste de gauche Plaid Cymru est donné légèrement en tête devant Reform UK, selon un sondage Survation dévoilé mercredi.
La progression de la formation anti-immigration confirmerait, comme ailleurs en Europe, la fragmentation du paysage politique, longtemps dominé par les travaillistes et conservateurs.
Les Tories menés par Kemi Badenoch pourraient perdre environ 600 sièges en Angleterre.
A Londres, place forte du Labour, les Verts espèrent d’importants gains, sous l’impulsion de leur nouveau leader Zack Polanski qui a accentué le positionnement à gauche du parti.
En Ecosse, le parti indépendantiste SNP, au pouvoir depuis 19 ans, compte conserver la majorité, et les travaillistes risquent de perdre du terrain.
Une nouvelle victoire du SNP ouvrirait « la possibilité de choisir notre propre avenir par référendum », a estimé le Premier ministre écossais et chef du SNP, John Swinney jeudi. Les Ecossais ont rejeté l’indépendance lors d’un référendum en 2014.
« Progrès contre division »
Il existe « un mécontentement à l’égard des deux partis (historiques), qui sont perçus comme ayant échoué au pouvoir », souligne Tim Bale, professeur de sciences politiques de l’université Queen Mary de Londres.
L’action de Keir Starmer en tant que Premier ministre recueille 70% d’opinions négatives, selon un sondage YouGov du 20 avril.
A l’offensive, le dirigeant travailliste a appelé mercredi soir les électeurs à choisir « le progrès (…) contre la division et la colère proposées par Reform ou les promesses vides des Verts ».
« Nous sommes le seul parti pour lequel voter si vous voulez un vrai changement dans ce pays qui se dégrade rapidement », a de son côté affirmé sur X le chef de Reform, Nigel Farage, qui a voté dans son fief de Clacton-on-Sea (sud-est).
Le Labour a exhumé durant la campagne des propos racistes et complotistes tenus par des candidats de Reform, ainsi que des propos antisémites de certains candidats des Verts. Zack Polanski a dû s’expliquer pour certaines déclarations après une série d’attaques contre la communauté juive ces dernières semaines à Londres.
Keir Starmer reste fragilisé par l’affaire Peter Mandelson, nommé ambassadeur à Washington malgré ses liens avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.
Selon des médias britanniques, des députés Labour manoeuvrent pour obtenir son départ, malgré l’absence d’un successeur évident.
Un remaniement est également évoqué pour tenter de relancer le gouvernement, dont le prochain rendez-vous est le très solennel discours du roi la semaine prochaine. Charles III y détaillera les futurs projets de loi préparés par l’exécutif.