Eurosubstrat, La Trinitaine, Les Quatre saisons… Le nom de Breizh rebond revient souvent, ces derniers temps. Et ce n’est pas un hasard. Dans un contexte économique qui se tend, le fonds d’investissement basé à Rennes joue son rôle à plein : venir à la rescousse d’entreprises bretonnes en difficulté, notamment du point de vue financier, en réinjectant du capital et les accompagnant dans leur relance. « Nous investissons dans des situations qui ne sont pas classiques, qui ne correspondent pas aux critères des autres fonds », explique le président de Breizh rebond, Xavier Lépine.

Né en 2021 à l’initiative du Conseil régional de Bretagne et du Crédit mutuel Arkéa, le fonds a été doté d’environ 70 millions d’euros, dont 20 millions injectés par la Région et le reste par des grandes banques et la banque publique d’investissement BPI France. L’argent est investi au capital des entreprises sélectionnées (entre un et sept millions d’euros par dossier), le temps qu’elles reprennent des couleurs et intéressent des investisseurs plus « classiques ». Breizh rebond peut en devenir actionnaire minoritaire ou majoritaire. « Nous faisons du sur-mesure », assure Xavier Lépine.

300 dossiers soumis en cinq ans

Avec son équipe, l’ancien chef d’entreprise a vu passer pas moins de 300 dossiers depuis 2021 mais il n’en a retenu que douze. Son portefeuille n’en compte aujourd’hui plus que onze, à la suite du rachat de l’industriel Ovalt, près de Rennes, début 2026.

S’il ne se restreint pas à un secteur d’activité, le fonds est ultra-sélectif : il s’intéresse essentiellement à des entreprises stratégiques, avec une taille déjà significative, à partir de cinq millions d’euros de chiffre d’affaires et une vingtaine de salariés. Pour investir, « il faut qu’on soit convaincu que la société puisse évoluer et être pérenne grâce à des investissements et en lançant un plan de transformation et d’amélioration de la performance », avance Xavier Lépine.

La suite en préparation

Pour lui, le bilan des cinq années écoulées est positif : 52 millions investis et au moins 350 emplois préservés. « Nous avons eu de vraies répercussions sur le territoire. » Il ne devrait pas en être autrement à l’avenir. « Nous continuons d’étudier des dossiers. Par ailleurs, les fonds comme Breizh rebond ont typiquement une période d’investissement de cinq ans, la nôtre va donc se terminer dans le courant de cette année, relève Xavier Lépine. C’est pourquoi nous travaillons sur le successeur de Breizh rebond, avec le soutien, à nouveau, de la Région Bretagne et de nos souscripteurs, dont Arkéa. » L’enveloppe financière devrait être similaire à celle de Breizh rebond, premier du nom.

Les onze entreprises dans lesquelles Breizh rebond a investi
Kolibri (hôtellerie, restauration et services) à Ploemeur (56), Meunier industries (sous-traitance industrielle) à Brest, Tréfilerie d’acier de Bretagne (laminage à froid de l’acier) à Châteaubourg (35), Eurosubstrat (production de substrat ensemencé pour la culture de champignons) à Callac (22), Hexaplants (production de plants maraîchers) à Saint-Méloir-des-Ondes (35), Sigmaphi (production d’aimants pour la recherche scientifique et l’industrie médicale) à Vannes, Kwan-tek (solutions de métrologie utilisant des capteurs quantiques à base de diamant) à Ploemeur, Vérandaline (extensions de maison et vérandas) au Haut-Corlay (22), Bredial (fabrication de salades et plats traiteurs) à Plabennec (29), La Trinitaine (biscuiterie) à Saint-Philibert (56) et Les Quatre saisons (confiturier) à Poullaouen (29).