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Près de sept mois après le spectaculaire cambriolage du Louvre, Roselyne Bachelot refuse d’y voir « une honte » nationale. Invitée de l’émission « Complément d’enquête » ce jeudi 7 mai sur France 2, l’ancienne ministre de la Culture a longuement défendu l’institution et rejeté les critiques visant l’État après le vol de plusieurs bijoux issus des joyaux de la Couronne.

Le 19 octobre dernier, un commando s’était introduit en pleine journée dans la galerie Apollon du musée pour dérober plusieurs pièces historiques. Un casse éclair de 3 minutes 19 secondes qui avait provoqué une onde de choc internationale et ouvert un immense débat sur les failles de sécurité du musée le plus visité au monde.

Interrogée sur le caractère « honteux » de l’affaire, Roselyne Bachelot a immédiatement repoussé le terme. « La honte, je vous trouve sévère », lance-t-elle au journaliste Tristan Waleckx. L’ancienne ministre estime surtout que l’affaire a alimenté une forme de plaisir français à s’autoflageller. « On adore ça en France, bien se taper sur la figure. C’est un sport national que de se fouetter », poursuit-elle.

« La chaîne de responsabilité s’arrête au président du Louvre »

Tout au long de l’entretien, Roselyne Bachelot tente d’éloigner les accusations visant directement le ministère de la Culture. Dans son reportage, « Complément d’enquête » révèle l’existence d’un audit rédigé dès 2019 qui décrivait déjà un scénario de cambriolage très proche de celui qui s’est finalement produit en 2025. Le document pointait notamment plusieurs failles de sécurité et alertait sur la vulnérabilité du musée. De quoi alimenter une question centrale depuis le casse : ces alertes ont-elles été ignorées au sommet de l’État ?

Pour l’ancienne ministre, la responsabilité reste avant tout celle de la direction du musée. « La chaîne de responsabilité s’arrête au président-directeur général de l’établissement du Louvre », affirme-t-elle, rappelant au passage que les grands établissements culturels disposent d’une large autonomie de gestion.

Lorsque le journaliste lui demande si Jean-Luc Martinez, alors président du Louvre, aurait dû l’alerter personnellement sur ce rapport lorsqu’elle est arrivée rue de Valois en 2020, Roselyne Bachelot réfute. « Il n’avait pas à me prévenir. »

L’ancienne ministre souligne en revanche « la valse des responsables » au ministère de la Culture ainsi qu’au sein des grandes institutions publiques. « Quand on est nommé ministre de la Culture, on a à peu près la durée de vie qu’on a sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute », ironise-t-elle, avant d’évoquer une forme de « déperdition en ligne » liée aux changements fréquents de responsables.

Un échange de plus en plus tendu

La tension monte encore d’un cran lorsque le journaliste revient sur la lettre de mission adressée en 2022 à Laurence des Cars, nouvelle présidente du Louvre à l’époque. Le document évoquait bien les questions de sécurité, mais pas explicitement la « sûreté », c’est-à-dire la prévention des actes de malveillance.

Face aux remarques du journaliste, Roselyne Bachelot se montre de plus en plus agacée. « Vous pensez que ça aurait empêché les cambrioleurs ? Ils seraient dits “Ouh là là, Bachelot elle a fait une nette démission, elle a mis la sécurité, on ne va pas aller au Louvre.” Non mais vous plaisantez là ! », rétorque-t-elle.

L’échange finit même par déraper lorsque l’ancienne ministre accuse le journaliste de chercher la polémique entre elle et Rachida Dati. « Vous seriez pas un peu un fouteur de merde ? », lâche-t-elle finalement. « Je suis journaliste et je vous pose des questions », répond alors Tristan Waleckx. « C’est bien ce que j’ai dit », conclut-elle.

« Il n’y a pas que le Louvre dans la vie, nom d’un chien »

Au-delà du cambriolage, Roselyne Bachelot s’inquiète de l’avenir du musée face à l’explosion du tourisme de masse. Interrogée sur le gigantesque projet « Nouvelle Renaissance du Louvre » lancé par Emmanuel Macron fin 2025 et estimé à plus d’un milliard d’euros, elle dit éprouver « une réserve » sur l’objectif affiché d’augmenter encore la fréquentation du musée, qui accueille déjà près de 9 millions de visiteurs par an. Ce vaste chantier prévoit notamment une rénovation des infrastructures du Louvre, jugées vieillissantes, ainsi qu’un nouvel espace dédié à la Joconde afin de fluidifier la circulation des visiteurs.

« Le risque majeur qui menace le Louvre, c’est le surtourisme », affirme-t-elle, dénonçant « ces troupeaux de touristes qui ne regardent pas la Joconde. Dans une sorte de narcissisme débridé, ils se regardent devant la Joconde ».

« Vous pensez vraiment que se photographier devant Mona Lisa, c’est une façon d’accéder à la culture ? », interroge encore l’ancienne ministre, avant de conclure : « Il n’y a pas que le Louvre dans la vie, nom d’un chien. »