Par

Léa Giandomenico

Publié le

7 mai 2026 à 21h10

« L’affaire Patrick Bruel franchit un nouveau cap », commence le média d’investigation Médiapart dans un nouvel article sur l’affaire Patrick Bruel. Le journal en ligne fait des révélations sur le chanteur, accusé par quinze nouvelles femmes dont Mediapart a recueilli les témoignages. 

Une mineure

Des récits « mettant en cause son comportement, en marge de ses concerts, tournages, massages en institut de soin ou rencontres professionnelles, entre 1991 et 2019 », écrit la journaliste.

« Sept d’entre elles, dont une mineure, dénoncent des relations sexuelles auxquelles elles n’auraient pas consenti », lit-on encore dans cet article. En tout, près de trente femmes accusent Patrick Bruel de violences sexuelles et sexistes : les témoignages ont donc été relayés par Médiapart, le magazine Elle et un média belge.

Un même mode opératoire

Médiapart a notamment recueilli le témoignage d’Eva* (dont le prénom a été changé), qui avait 16 ans lorsqu’elle a rencontré Patrick Bruel, en décembre 1990. La jeune femme vient  régulièrement à Paris pour des shootings à destination de magazines pour adolescents. Médiapart raconte que c’est lors d’un de ces tournages, au Zénith, que le chanteur aurait « jeté son dévolu » sur elle : 

Je suis devenue son obsession, au point qu’on m’a fait asseoir dans l’axe de la caméra, en me disant que sinon, Patrick ne voulait pas faire l’interview.

Eva
Victime de Patrick Bruel

Eva se rendra au domicile du chanteur l’année d’après, alors qu’elle est encore mineure. « Elle se souvient qu’il lui avait offert « un thé », puis le « black-out » », rapporte le média en ligne. « J’ouvre les yeux, il est en train de me remettre et de me reboutonner mon pantalon sur son lit, et il me dit : “Bon, allez, il est l’heure, je te ramène !” Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive, je suis incapable de réagir », confie Eva. 

« Je ne suis pas dans mon corps »

Une autre femme, Anastasia*, décrit des faits similaires : elle affirme à Mediapart avoir subi « un viol » en ayant « le sentiment d’avoir été droguée », lorsqu’elle avait 33 ans. Elle a fait la connaissance de Patrick Bruel en 2016, lors d’un festival durant lequel ils ont eu un rapport sexuel consenti. Puis plus tard, l’artiste lui donnera rendez-vous à son domicile, lui servira un thé, puis des flashs seulement lui reviendront. 

Je me revois dans son lit, allongée sur le côté, en train de me faire sodomiser. Je ne suis pas dans mon corps. Puis j’ai le souvenir de repartir de chez lui sur mon Cityscoot en sentant le sperme couler entre mes cuisses. J’étais sidérée, écœurée.

Anastasia
Victime de Patrick Bruel

Longtemps, elle enfouira cette histoire, honteuse. Avant que les faits ne lui reviennent des années plus tard lorsqu’elle entend passer à la radio une chanson de lui. 

Questionné, Patrick Bruel « réfute avec la plus grande fermeté avoir pu droguer qui que ce soit ou avoir imposé un rapport sexuel » et dénonce des accusations « ignobles », « insupportables », « gravissimes »…, comme l’écrit Médiapart.

« Personne ne te croira », aurait glissé le chanteur à une victime

D’autres femmes dénoncent des faits similaires de relations sexuelles sans consentement, voire même d’emprise. « Ne le dis à personne, de toute façon personne ne te croira », aurait dit Patrick Bruel à Amandine après un rapport dont elle n’a que des flashs. Le chanteur, lui, répète à Médiapart que tout ces rapports étaient « consentis ».

« J’étais face à un animal, la sueur au front… », décrit encore une autre femme, Florima Treiber, ex-Miss Alsace, qui a rencontré le chanteur dans le cadre du concours de beauté. Et qui décrit des faits s’apparentant à un viol, sans vouloir que les détails figurent dans l’article. 

D’autres témoignages parlent de « regards appuyés », de « textos », ou encore « d’invitations franches ». 

Des massages qui tournent mal

Des kinésithérapeutes racontent aussi des séances de massages qui ont mal tourné. Le chanteur « nu » repoussait la serviette et réclamait avec insistance un massage des fessiers, en bougeant le bassin de façon sexuelle. 

Encore une fois, Patrick Bruel nie, et dit ne jamais avoir « utilisé sa notoriété ou sa position pour obtenir des relations sexuelles ». Contactés par Mediapart, ses avocats, Christophe Ingrain et Céline Lasek, dénoncent des récits « parfois contradictoires ou incohérents » qui ne résisteront pas « à un véritable travail permettant la manifestation de la vérité ». 

En tout, le chanteur est visé par trois enquêtes judiciaires, l’une pour tentative de viol à Paris, l’autre pour viol à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) et la troisième pour agression sexuelle à Bruxelles.

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