Par
Glenn Gillet
Publié le
8 mai 2026 à 9h00
Le million de voyageurs qui emprunte chaque jour le RER B l’attend avec impatience. Un premier exemplaire du train qui doit remplacer les rames actuelles de la deuxième ligne ferroviaire la plus fréquentée d’Europe (après le RER A) a été officiellement dévoilé ce jeudi 7 mai 2026, sur le site d’assemblage d’Alstom à Crespin, dans le Nord. 146 rames, toutes produites en France par l’industriel tricolore et le groupe espagnol CAF, ont été commandées.
35 % de places en plus par rame
Après la diffusion par Île-de-France Mobilités (IDFM) des modélisations 3D puis des premières photos de ce MI 20 (pour Matériel d’Interconnexion dont la commande date de 2020), c’est un vrai train de sept « caisses », c’est-à-dire des voitures, en acier, en aluminium et en verre qui a effectué son premier « roulage » face aux officiels et à la presse.
Pour le côté cosmétique, fini les bandes bordeaux et menthe verticales. Le train adopte le bleu ciel d’IDFM et rappelle l’allure des RER NG déjà déployés sur les RER D et E. Du point de vue de son agencement, on retrouve trois caisses à deux étages (là où les rames actuelles du RER B sont de plain-pied) qui participent à augmenter la capacité de voyageurs transportés : le MI 20 peut embarquer 1043 usagers, soit 35 % de plus que le matériel déployé aujourd’hui. On compte également 22 % de places assises en plus.
Au-delà des nombreux moyens technologiques à usage des personnels qui feront rouler les trains, l’intérieur du train comporte de nombreux équipements destinés à favoriser le confort et la sécurité des voyageurs : 25 % de sièges dits « prioritaires » facilement accessibles pour les personnes ayant des difficultés à se tenir debout, des écrans dynamiques pour afficher le trajet de la rame, des prises équipées de ports USB-C qui répondront à la généralisation de ce format de branchement pour les smartphones dans les prochaines années ou encore des caméras de vidéosurveillance (44 par train).
« D’ici trois ans, il sera sur les rails pour les voyageurs » promet Pécresse
« Il roule ! », s’est réjouie Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France et d’IDFM, à l’arrivée du MI 20 devant la foule, dans un enthousiasme qu’elle a volontiers mis en perspective avec les « bisbilles » de gouvernance et les galères qui ont marqué ce projet. Le premier train devait initialement être livré en novembre 2025. Ce fut ensuite janvier, puis juin 2026. Avant qu’en septembre 2025, Alstom et IDFM n’annoncent conjointement un « plan d’urgence » pour réorganiser la gouvernance sur le projet ainsi qu’une nouvelle échéance censée être la dernière : fin 2028, au mieux.
Ce jeudi, la présidente de la région a encore précisé le calendrier des prochaines années pour le MI 20 : « à l’automne 2027, il arrive sur les lignes du RER B, il va circuler sur les vraies lignes » dans le cadre d’essais, « ensuite, il va y avoir une période un peu plus longue qui est l’homologation par les autorités […]. Ce que je peux dire, c’est que d’ici trois ans, avant trois ans, il sera sur les rails pour les voyageurs. J’espère le plus rapidement possible ».
Au-delà d’une amélioration du confort et de l’ergonomie des rames qui bénéficiera directement aux usagers franciliens réguliers et aux nombreux touristes qui effectuent la liaison entre Paris et l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, l’arrivée de ce nouveau matériel fait partie d’un programme à cinq milliards d’euros pour améliorer la fiabilité de la ligne. Le reste des investissements a été fléché vers les infrastructures et les systèmes d’aiguillage. Objectif : passer à 95 % de ponctualité contre 89 % actuellement.
La totalité des rames déployées à ce jour sur le RER B, qui datent des années 80 et 90, devraient être remplacées par des MI 20 fin 2032. D’ici là, pour parer le retard de livraison sans dégrader la qualité de service sur la ligne, 18,3 millions d’euros ont été injectés par IDFM pour allonger encore un peu la durée de vie des trains actuels « de trois à cinq ans au-delà de leur date de réforme ». Les opérations, réalisées sur le site de maintenance de Massy (Essonne), s’échelonneront jusqu’en 2028.
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