l’essentiel
Mercredi soir, l’agitation habituelle du centre commercial de Labège bascule dans l’irréel. Projeté au Pathé de Labège, le documentaire « À demain sur la lune » a suscité une vive émotion auprès du public toulousain. Après la séance, Peyo, le célèbre cheval accompagnant les patients en soins palliatifs, et son dresseur ont échangé longuement. Récit.

Dans la salle du Pathé de Labège, le silence qui suit la projection en dit long. Mercredi 6 mai, « À demain sur la lune », documentaire consacré au cheval Peyo et à son rôle auprès des patients en soins palliatifs, a profondément marqué les spectateurs.

Le film plonge le public dans les couloirs d’hôpitaux où Peyo intervient depuis plusieurs années. Le documentaire montre un cheval capable de choisir les chambres des patients qu’il veut pour créer un lien singulier. Le réalisateur met ainsi en lumière une autre vision des soins palliatifs « encore et surtout la vie », comme le résume Hassen Bouchakour.

Une salle émue et des témoignages poignants

Après la projection, Peyo et son dresseur sont montés sur la scène du cinéma. Les échanges avec le public ont rapidement pris une tournure intime. Plusieurs spectateurs, parfois les larmes aux yeux, ont évoqué leur propre expérience.

Une femme actuellement en soins a confié avoir retrouvé dans le film « beaucoup d’humanité » qu’elle ne perçoit plus toujours dans le système hospitalier actuel. « Aujourd’hui, ce film représente un espoir pour moi », a-t-elle déclaré sous les applaudissements de la salle.

 

À lire aussi :
Un documentaire qui porte un autre regard sur les chevaux

Plusieurs spectateurs ont également salué un documentaire « accessible » malgré la dureté du sujet. Beaucoup ont souligné que le film parvenait à parler de la mort sans être « trop lourd ». Pour certains, il permet surtout d’ouvrir le dialogue autour d’un sujet encore tabou dans la société. « On ne parle jamais de la fin de vie, alors que cela nous concerne tous », affirme une spectatrice émue.

A Labège, le dresseur de Peyo dévoile la face cachée du cheval qui apaise la mort.

A Labège, le dresseur de Peyo dévoile la face cachée du cheval qui apaise la mort.
DDM – JULIETTE ERNST

Une relation unique entre Peyo et son dresseur

La rencontre a surtout permis de découvrir la relation hors norme entre Hassen Bouchakour et Peyo. Le dresseur a raconté leur première rencontre en Ardèche, il y a dix-sept ans. À l’époque, rien ne le destinait à garder ce petit cheval « tout cassé » avec lequel il entretenait une relation conflictuelle.

À lire aussi :
Ce cinéma près de Toulouse invite un cheval dans sa salle : venez découvrir comment Peyo apaise les malades en fin de vie

« On se détestait littéralement », reconnaît-il avec humour. Impossible à approcher, Peyo l’a obligé à remettre en question toutes ses méthodes de dressage. Au fil des années, leur relation s’est construite sur le respect mutuel plus que sur la domination. Le dresseur décrit aujourd’hui Peyo comme un cheval au fonctionnement « différent ».

Pendant les échanges, le cheval s’endort presque au pied de son dresseur, comme détaché de l’agitation autour de lui. Une image qui résume parfaitement l’esprit du documentaire : derrière l’animal phénomène, c’est avant tout une histoire de confiance, de fragilité et d’humanité qui touche le public.