Le tribunal correctionnel de Rennes a condamné mercredi 6 mai 2026 un couple de quadragénaires de La Chapelle-du-Lou-du-Lac (Ille-et-Vilaine) pour avoir infligé des claques, des tapes et des fessées à leurs enfants.

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Le centre départemental d’action sociale (CDAS) avait effectué un « signalement » en avril 2025 au procureur de la République de Rennes après que les travailleurs sociaux qui intervenaient chez un couple de La Chapelle-du-Lou-du-Lac, au nord-ouest de Rennes, avaient constaté des « violences » sur leur fils et leur fille, alors âgés de 11 et 4 ans.

Entendu, le petit garçon avait confié que son papa lui « mettait des claques quand il n’écoutait pas » : il en avait reçu « cinq au total », avait-il dénombré. Sa sœur avait confirmé que « c’est papa qui gronde le plus fort » quand ils « font des bêtises ». Le médecin légiste qui les avait examinés n’avait relevé ni « lésion traumatique » ni « manifestation anxieuse » mais s’interrogeait sur un potentiel « conflit de loyauté » des enfants envers leurs parents.

Le père et la mère avaient eux reconnu avoir mis des « claques », des « tapes » et des « fessées » à leurs enfants « sous le coup de la colère ». Selon sa femme, le père de famille tenait également des « propos insultants et dégradants » à l’égard des enfants et d’elle-même. « Comment tu parles aux enfants ? », lui avait-elle ainsi déjà lancé.

« Je regrette profondément mes emportements », s’est excusé le père de famille lors de son procès au tribunal correctionnel de Rennes ce mercredi 6 mai 2026. Celui qui est en « arrêt de travail » depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en février 2025 « n’a pas réfléchi sur le coup » car il s’est retrouvé « dépassé ». Mais « je les adore, mes enfants », a assuré cet homme de 42 ans : il a d’ailleurs aujourd’hui « laissé la main » à sa femme qui est « beaucoup plus patiente » pour gérer les « crises ».

« Je n’arrivais pas à trouver d’autre solution que de hausser la voix pour me faire entendre », a admis de son côté la mère de famille. « C’était ma seule manière de les arrêter même si je sais que ce n’était pas la solution. » Sur un plan personnel, cette femme de 41 ans souffre d’une « bipolarité » diagnostiquée en 2015 et pour laquelle elle suit un « traitement » qui l’aide à « reprendre le contrôle » sur ses « humeurs ».

« Il n’existe pas de petites violences quand elles sont commises dans l’intimité du foyer et à l’encontre de mineurs », a néanmoins rappelé la procureure de la République. Elle avait dans ces conditions requis à l’encontre des deux parents un stage de « responsabilisation parentale » à effectuer sous « six mois » pour tenir compte du « travail psychologique » qu’ils ont entamé et du « suivi en assistance éducative » mis en place pour les enfants.

« Il y a encore beaucoup de chemin pour que ça ne se reproduise plus », avait averti un peu plus tôt l’avocate des enfants, Me Ludivine Leroi. L’avocat du couple avait lui appelé à ne « pas excéder les réquisitions » car leurs clients ont « besoin d’aide ». « Ils ne font pas toujours très bien mais ils font de leur mieux », trouvait Me Thibault Normand. Le tribunal a finalement suivi en tous points les réquisitions de la procureure de la République et a condamné le couple à verser 500 € à chaque enfant pour leur « préjudice moral ».

(Avec RB et GF – PressPepper)