l’essentiel
À 33 ans, Loris Tolot va mettre un terme à sa carrière professionnelle à l’issue de la saison. Titulaire contre Soyaux-Angoulême ce vendredi, il fera ses adieux à Armandie lors d’une soirée remplie d’émotions.
« Je réalise que c’est la dernière ligne droite… » Loris Tolot s’apprête à effectuer son dernier match à Armandie, ce vendredi contre Soyaux-Angoulême, et l’émotion est déjà palpable chez le joueur. « C’est un match particulier. J’ai invité tous mes proches, donc je sais que ce sera un moment spécial et forcément riche en émotions. »
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D’autant plus pour un Tolot, Loris ayant marché dans les pas de Bruno, son père, ou encore de Jean-Louis. « On nous en parle depuis qu’on a commencé le rugby. On sait que Tolot est un nom qui résonne pas mal, donc on est habitués. Et puis, on n’est pas les seuls non plus. Il y a eu d’autres fils de joueurs. C’est quelque chose auquel on s’habitue assez vite et qui est franchement facile à vivre. »
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« Un supporter avant tout »
Excepté une parenthèse à Montauban entre 2015 et 2017, Loris Tolot n’a évolué qu’à Agen. Une preuve rare de fidélité. « J’ai toujours dit qu’une fois revenu ici, mon objectif était d’y rester le plus longtemps possible. Je n’ai jamais cherché à partir. Après, je n’ai peut-être pas non plus le potentiel pour aller plus haut. Mais même pour d’autres clubs en Pro D2 ou ailleurs, je n’ai jamais voulu quitter Agen. J’ai toujours voulu jouer pour ce club, j’ai toujours été bien là. Donc cela a été une évidence pour moi de continuer au SUA », explique l’intéressé, gardant comme meilleurs souvenirs sa « première saison en Top 14 », en 2017-2018. « C’était marquant. On jouait au plus haut niveau. J’avais beaucoup de joueurs avec qui j’avais fait mes années jeunes aussi. Humainement, c’était assez exceptionnel, et on n’avait pas forcément le recul, à l’époque, pour réaliser ce qu’on vivait. »
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Après une longue carrière en professionnels, Tolot a décidé d’y mettre un terme à l’issue de la saison, officialisant sa décision en début d’année. « Je n’ai vraiment pas de regrets. Je pense que c’est le bon moment. J’ai fait mon temps au SUA. Moi, cela me va très bien, et je n’ai aucun regret d’arrêter à la fin de la saison », explique-t-il, conscient de marcher sur les traces de Mathieu Lamoulie ou Vincent Farré, d’autres historiques ayant quitté le club ces derniers mois. « J’en ai parlé un petit peu avec eux. C’est vrai que, forcément, il y aura des choses qui vont me manquer, comme les matchs, la compétition… Il faut arriver aussi à le trouver ailleurs, dans l’après-rugby. Mais après, je pense qu’il faut être épanoui dans sa vie d’après-rugby. Le rugby, c’est un sport et un métier passion, et j’ai envie de revivre cela dans ma vie professionnelle : quelque chose où je me challenge, où je peux progresser, m’améliorer. J’ai vraiment envie de ne pas subir mon après-rugby. Il y a des choses aussi qu’on voit différemment, et qui ne me manqueront pas du tout ! »
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S’il devrait évoluer la saison prochaine à Pont-du-Casse, en Fédérale 3, aux côtés de ses frères, « pour ne pas couper avec le rugby trop brutalement », Loris Tolot veut d’abord assurer sa sortie, lui qui sera titulaire à l’aile ce vendredi. « J’espère que ce sera un match réussi, et que ce seront de beaux adieux. Je vais essayer de le préparer comme n’importe quel match, même si, je sais qu’à côté, il y aura beaucoup d’émotions. C’est toujours plaisant d’être accompagné lors d’événements comme ça par ses anciens coéquipiers, ses proches, sa famille, donc c’est un plaisir. »
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Un moment spécial pour le joueur, qui promet de rester un « supporter avant tout » du SUA. « J’étais dans les tribunes avant de jouer. J’ai réalisé mon rêve d’être sur le terrain et de vivre toutes ces années-là. Je sais ce que c’est. Je veux dire un grand merci aux supporters, et aussi aux bénévoles qui travaillent pour le club. J’ai été formé ici aussi, donc tous les éducateurs, les entraîneurs qui inculquent l’amour de ce club et les valeurs du rugby, je veux les remercier. Il y en a qui font ça bénévolement. C’est beaucoup de temps, beaucoup d’investissement, et parfois il n’y a pas trop de retour non plus, mais c’est important de les mettre en avant », conclut le joueur, se voulant optimiste pour la suite. « Agen restera un club historique. Aujourd’hui, si on prend le classement, on est le 21e club français. C’est à peu près sa place. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, le rugby fonctionne beaucoup à l’argent, donc ce sont les gros bassins économiques qui se développent, au détriment de clubs plus historiques comme Agen. Mais il y a le potentiel pour continuer à se développer. Il y a aussi un bon club formateur. On voit qu’on est sur une bonne pente sportive en cette fin de saison. Donc, pour l’avenir, je suis plutôt optimiste. Mais il ne faut pas se reposer sur ses lauriers non plus, parce qu’il y a tous les clubs qui travaillent bien, avec des grosses agglomérations et de gros moyens. Il faut garder cette spécificité agenaise, qui est la formation, et qui est, pour moi, le plus important. » Avec d’autres Tolot au SUA à l’avenir ? Qui sait…