• L’affaire Epstein continue d’apporter son lot de révélations.
  • Des preuves confirment que le prédateur sexuel a sévi en France dès les années 80.
  • Une équipe de TF1 a recueilli le témoignage de l’une de ses victimes, qui s’exprime pour la première fois à la télévision française.

Suivez la couverture complète

Trump, Clinton, Prince Andrew, Lang… L’affaire Epstein éclabousse des personnalités du monde entier

De son arrivée à Paris, Courtney n’a rien oublié. Âgée de 19 ans, la jeune femme d’1m80 rêvait de devenir mannequin. Seule, à 6.000 km de sa Pennsylvanie natale, l’agence qui l’a recrutée l’invite à des soirées. À l’époque, elle consigne tout dans ses carnets. « Le soir même de mon arrivée à Paris, je me suis retrouvée à un dîner dans un restaurant. D’un côté, il y avait les hommes d’affaires et de l’autre, les mannequins. J’ai vu beaucoup de filles qui finissaient ivres, rentrer accompagnées d’hommes. Les filles les plus jeunes à Paris avaient 14 ans », se souvient-elle, dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article.

Il a commencé à me faire mal, m’a jetée sur le sol, il voulait être sur moi.

Courtney, victime présumée de Jeffrey Epstein

 Ce soir-là, un Américain attire toute l’attention. Jeffrey Epstein se présente comme un producteur de cinéma et l’invite à un casting filmé. « Il m’a dit que j’avais besoin de leur montrer comment j’étais sensuelle. Il a commencé à me faire mal, m’a jetée sur le sol, il voulait être sur moi. Il mettait ses mains sous mes vêtements, alors je me suis extirpée et je lui ai dit non. J’étais horrifiée à l’idée que d’autres jeunes filles allaient se retrouver dans la même situation, mais j’étais terrifiée, je ne pouvais rien faire », raconte-t-elle. 

Une fausse identité

Nous sommes en 1988. Jeffrey Epstein commet ses premières agressions en France dès les années 80. Et pour venir à Paris, il va même utiliser un faux passeport autrichien avec une fausse identité, Marius Robert Fortelni. À l’intérieur, on y découvre 15 tampons. 

Le faux passeport de Jeffrey Epstein.Le faux passeport de Jeffrey Epstein. – TF1

Notre enquête permet de montrer que Paris a été un point de départ avec des agences de mannequinats, des dîners organisés auxquels les mannequins étaient forcés de venir.

Anthony Mansuy, co-auteur de l’enquête de Society

Pourquoi utiliser de faux papiers ? Pourquoi cherche-t-il à rester discret ? Les journalistes du magazine Society ont enquêté sur ses nombreux passages à Paris. « On a beaucoup vu l’affaire Epstein comme une affaire américaine qui avait des débordements en France. Notre enquête permet de montrer que Paris a été un point de départ avec des agences de mannequinat, des dîners organisés auxquels les mannequins étaient forcés de venir. Ensuite, sur ces 40 ans-là, Jeffrey Epstein n’a eu de cesse de peaufiner son système de prédation », explique face à notre caméra Anthony Mansuy, co-auteur de l’enquête. 

Pour la première fois, le majordome de Jeffrey Epstein raconte dans les colonnes du magazine un quotidien entouré de secrets. « C’est quelqu’un qui a travaillé pendant 18 ans à ses côtés à Paris. C’était un homme qui avait des règles à respecter. Il ne pouvait pas aller dans certaines pièces, etc. Tout était très cloisonné dans la vie de Jeffrey Epstein. Cet homme avait mis en place tout un tas de règles, tout un tas de barrières, tout un tas de calculs stratégiques pour faire en sorte que personne ne le dénonce. Pas son personnel de maison, pas les jeunes femmes qui étaient ses proies, ni son entourage », détaille Emmanuelle Andreani, co-autrice de l’enquête. 

Lire aussi

Affaire Epstein : ce que dit la lettre de suicide présumée écrite par le pédocriminel

Trois Français sont visés par une enquête pour leurs liens avec Jeffrey Epstein. Le concernant, tout espoir de vérité, de procès, s’est éteint avec lui depuis son suicide en 2019.

Virginie FAUROUX | Reportage TF1 : Maurine BAJAC, Armelle EXPOSITO et Laura BLEUZEN