Adieu les vieux locaux précaires…
Ce vendredi 8 mai 2026 vers midi, à l’abri derrière le parc des sports Charles-Ehrmann, la ville de Nice et l’État ont inauguré les nouveaux quartiers de la force Sentinelle.
Les militaires occupent désormais l’ancien centre de formation de l’OGC Nice. Un site de 2.000 m², réhabilité par la Ville, en un temps record, pour 1,3 million d’euros, dont près de 300.000 euros injectés par l’État via le Fonds vert.
Un acte de reconnaissance pour ces hommes et ces femmes, remparts contre les menaces et les actes terroristes. Une initiative lancée par l’ancien maire de Nice, Christian Estrosi et son premier adjoint à la Sécurité, Anthony Borré, désormais dans l’opposition.
Les locaux du CCAS, dans le quartier Saint-Roch, mis à la disposition de Sentinelle lorsque la force a été déployée après l’attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015, n’étaient pas adaptés. Ils ont trouvé une nouvelle affectation.
Après une rénovation qui débutera dans « quelques mois », ils deviendront une « Maison France Autonomie » : un Ehpad de 120 lits.
« Un élément essentiel de la prévention du terrorisme »
« Votre présence rassure, parce qu’elle garantit la sécurité, elle garantit la protection, elle est un élément essentiel de la prévention du terrorisme, mais elle est aussi un élément qui installe de la sérénité dans nos rues », a commenté le nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, face aux militaires.
« Inaugurer ces locaux, c’est d’abord rendre un hommage à ceux qui veillent sur notre sécurité. (…) La force Sentinelle est ici chez elle, elle est attendue, reconnue, et elle est si précieuse », a fait valoir le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux.
Devant quelques militaires, réunis dans l’une des pièces de leur bâtiment, il a salué « des femmes et des hommes en armes déployés au quotidien dans nos rues, dans nos gares, dans nos lieux de culte, nos sites touristiques à nos frontières, pour que nous puissions vivre libres de la peur ».
Une mission capitale face à la haine meurtrière qui a déjà frappé Nice trois fois. « La menace d’origine terroriste est sans conteste la plus sérieuse et la plus préoccupante. (…) Par votre action, l’État rend une continuité entre les opérations extérieures et les opérations intérieures qui contribuent de façon directe et décisive à la protection de notre territoire », a enchaîné le représentant de l’État dans le département.
Une réactivité accrue
D’un point de vue stratégique, Nice Ouest n’a pas été choisi au hasard. Localisée à la périphérie immédiate des grands axes, la force Sentinelle optimise son « rayonnement », selon les autorités.
La colonel Gwennola Colleter, déléguée militaire départementale, estime que ce nouvel outil permet une réactivité accrue sur l’ensemble du département, de la frontière – sensible – aux sites les plus touristiques. « Ce nouveau site correspond pleinement aux besoins de la mission. Le recentrage du stationnement permettra une couverture plus efficace de l’ensemble de la zone de responsabilité et non plus uniquement de la zone de Nice grâce à un accès privilégié aux principaux axes de communication », a-t-elle assuré, au nom du général de division Yves Métayer, gouverneur militaire de Marseille.
Et de saluer « une réussite collective qui témoigne de la qualité du dialogue civilo-militaire qui unit les acteurs de ce territoire. (…) S’appuyer sur un point d’ancrage solide afin de rayonner sur l’ensemble du territoire est l’une des caractéristiques essentielles du mode d’action de la Force Sentinelle ».
En 2015, place Masséna, trois militaires attaqués au couteau
Ils ont été la première cible du djihadisme sur la Côte d’Azur.
Le 3 février 2015, en début d’après-midi, moins d’un mois après l’attentat de Charlie Hebdo, un homme avait attaqué une patrouille de la force Sentinelle, sous les arcades de la place Masséna à Nice.
Les militaires étaient en faction devant un centre communautaire juif. L’un d’eux était blessé au visage, un autre à la main en voulant le désarmer. Le troisième était parvenu à maîtriser l’assaillant. Pas un coup de feu n’avait été tiré.
Laurent Hottiaux a salué leur sang-froid et leur courage en toutes circonstances : « Ce sont ces qualités dont vos camarades ont fait preuve, notamment en 2015, lorsque 3 d’entre eux ont été victimes d’une tentative d’assassinat à Nice, démontrant au passage une parfaite maîtrise de la force ».
L’agresseur, Moussa Coulibaly, un délinquant radicalisé, avait écopé, en décembre 2019, de 30 ans de réclusion criminelle. Il est mort en détention le 3 janvier 2025 d‘un arrêt cardiaque.
À l’audience, il avait d’abord reconnu l’intégralité des faits reprochés, en admettant même la prémédication de son acte. Il était ensuite revenu sur ses aveux.