Impression de déjà-vu en mairie de Cagnes-sur-Mer.
Une délibération présentée le 2 avril 2026 va être de nouveau soumise aux votes ce lundi 11 mai, à 8h, lors d’un conseil municipal extraordinaire. À l’ordre du jour, rien n’a changé… ou presque. Il y est toujours question d’élire quatre adjoints qui se consacreront au Cros-de-Cagnes, au Malvan, au Haut-de-Cagnes et à la gare, mais cette fois-ci en incluant les plans des quartiers.
L’absence d’un tel document lors de la précédente assemblée aurait pu invalider la décision. « L’erreur est humaine, le tout c’est de le reconnaître. Pourquoi n’avoir rien précisé dans la convocation des élus ? », interroge Cédric Garoyan (PCF).
En séance, Philippe Touzeau-Menoni (divers centre) et Lionel Dolciani n’avait pas manqué de relever « ce manque d’information ». Le colistier du précédent maire, Louis Nègre, avait alors menacé de saisir le contrôle de légalité de la préfecture : « Comment voulez-vous que l’on se prononce en toute objectivité si nous n’avons pas tous les éléments ? »
« Vous êtes Cagnois, je pense que quand j’évoque [ces quartiers] vous savez un peu [les] situer sur une carte », lui avait renvoyé Bryan Masson avant de faire circuler aux élus de l’opposition un exemplaire papier, imprimé à la hâte.

Cinglant, le nouveau maire avait rappelé que les fonctionnaires traversaient un mois extrêmement compliqué du fait de la transition de pouvoir et de la préparation du budget. « Sincèrement, je ne crois pas que l’on puisse blâmer les services qui ont fait l’erreur de ne pas avoir mis dans la délibération la carte nécessaire à votre bonne compréhension. »
« Ce n’est pas être mesquin ou je ne sais quoi, c’est juste constater qu’en effet, on n’a pas le plan », lui avait rétorqué Lionel Dolciani. « Aucunes de vos demandes préalables ne concernaient cette délibération. Ça doit être parce que vous avez envie de prendre la parole ce soir et que vous aviez souhaité nous le cacher, parce que l’on vous aurait envoyé la version PDF avec le plus grand des plaisirs », clôturait alors l’édile.
À l’approche du conseil rectificatif, Rafaël Quessada, directeur de cabinet, met en garde « ceux qui veulent jouer aux procéduriers. Ils vont donner d’avantage de travail aux services. » « Ça n’est pas fait contre les services, qui ont tout notre soutien. La mairie dit qu’on est procéduriers ? C’est une obligation légale», balaye l’opposant.
Ajouter l’indemnité d’une nouvelle alliée
Cette séance exceptionnelle sera aussi l’occasion de réévaluer légèrement à la baisse les indemnités des élus de la majorité.
Non pas pour faire des économies d’échelle, mais pour intégrer dans un même budget la compensation d’Alexia Garabedian. Aux côtés de Louis Nègre lors de la campagne, elle s’était décidée à rejoindre Bryan Masson à l’issue du premier conseil municipal, créant la surprise. « Rien ne se fait gratuitement », note Cédric Garoyan, narquois. « Elle est à 6,60 % là où les autres conseillers sont à 11,87 % et la plupart des adjoints à 30 % [de l’indice de référence le plus élevé de la grille de rémunération de la fonction publique]. Ça n’est pas des sommes mirobolantes », réplique Rafael Quessada.
« C’est toujours plus que les opposants qui donnent aussi de leur temps pour Cagnes, parfois au détriment de leur vie professionnelle ou familiale », constate l’élu PCF. Ni lui, ni les huit autres membres des groupes minoritaires ne sont rémunérés.
Un choix assumé en séance par Bryan Masson : « Si les élus de la majorité ont une indemnité, c’est parce qu’ils ont une délégation du maire. M. Tribuiani, qui est désormais député, est aussi conseiller municipal, mais n’ayant aucune délégation, son indemnité est de zéro. » L’enveloppe indemnitaire globale mensuelle s’élève à 35 268,29 €
(1) Le groupe «Ensemble pour l’avenir de Cagnes» avait noté que «plus d’un tiers de la commune et des Cagnois ne seraient pas représentés par ces conseils de quartier et en tout premier lieu, le centre-ville, ce qui n’est pas concevable.» Aucun nouveau quartier n’a été crée.