Publié le
08/05/2026 – 20:28 UTC+2

Le Parlement bulgare a officiellement approuvé vendredi la nomination de Roumen Radev au poste de nouveau Premier ministre, dans l’espoir de mettre fin à l’instabilité politique et de relancer le développement économique de ce pays membre de l’UE.


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« Nous ne nous faisons aucune illusion sur les crises et les épreuves qui attendent le gouvernement, qui sollicitera bientôt votre soutien : flambée des prix, budget, réformes manquantes, grave crise énergétique mondiale et conflits en escalade », a déclaré Roumen Radev aux députés.

La chambre a voté par 124 voix contre 70, avec 36 abstentions, pour élire l’ancien pilote de chasse de 62 ans, au poste de Premier ministre.

Roumen Radev a démissionné en janvier de la fonction de président, en grande partie honorifique, quelques mois avant la fin de son deuxième mandat, afin de se lancer dans la course à la tête du gouvernement, un poste bien plus puissant de Premier ministre.

Le précédent gouvernement conservateur de Sofia est tombé en décembre, après que des manifestations anticorruption à l’échelle nationale ont attiré dans les rues des centaines de milliers de personnes, principalement des jeunes.

La cote de popularité de Roumen Radev a grimpé lorsqu’il s’est présenté comme l’adversaire de la mafia bien implantée et de ses liens avec des responsables politiques de haut rang. Lors de ses meetings de campagne, il a promis de « débarrasser le pouvoir politique du modèle de gouvernance corrompu et oligarchique ».

Son parti Bulgarie progressiste a remporté une victoire écrasante aux élections législatives du 19 avril, décrochant la majorité absolue – une première en Bulgarie depuis 1997 – avec 131 sièges sur les 240 que compte le Parlement.

Roumen Radev a obtenu en 2003 un Master of Strategic Studies au US Air War College, en Alabama, avant d’être nommé commandant des forces aériennes bulgares.

Ses soutiens se divisent entre ceux qui espèrent qu’il mettra fin à la corruption oligarchique du pays et ceux qui se rangent derrière ses positions eurosceptiques et favorables à la Russie.

Bien que la posture prorusse de Roumen Radev suscite des inquiétudes quant à la place de la Bulgarie dans l’élaboration des politiques européennes, certains analystes politiques s’attendent à ce que son approche future reste modérée, à la différence de celle de l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán.

Cela tient en grande partie au fait que la Bulgarie, un pays pauvre de 6,5 millions d’habitants, dépend fortement des fonds européens. Le gouvernement Radev est censé engager une série de réformes pour débloquer près de 400 millions d’euros de fonds de l’Union européenne.

Sources additionnelles • AP