L’histoire serait belle. Pas franchement en réussite depuis le début de l’année malgré des sensations loin d’être mauvaises, Valentin Madouas n’a pas décroché le moindre résultat de référence en 2026 et rêve de le faire à domicile, ce dimanche, lors du Tro Bro Leon. Cette saison, le Breton – qui avait pris la 3e place de l’épreuve à Lannilis l’an dernier – a fait le choix d’enchaîner “des courses un peu plus accessibles” au mois de mai, jusqu’aux 4 Jours de Dunkerque, avec l’espoir de retrouver de la confiance, et idéalement la victoire. Comme il l’a expliqué ce vendredi après-midi auprès de DirectVelo. L’occasion pour l’athlète de 29 ans de revenir sur ce printemps plus que mitigé, où il a dû s’habituer à une situation nouvelle, le staff de la Groupama-FDJ United ne lui donnant plus nécessairement un rôle de coureur protégé lors de certaines épreuves phares du calendrier. Entretien.
DirectVelo : Comment va le petit cochon avec lequel tu étais reparti de Lannilis l’an dernier ?
Valentin Madouas : Il va bien, il est en Normandie chez mes beaux-parents, à la ferme. Il trotte (sourire).
Qu’attends-tu de cette deuxième participation au Tro Bro Leon ?
Ça fait partie de mes objectifs. Je commence un nouveau bloc de courses où l’objectif est d’aller faire des résultats, forcément. Ce sont des courses un peu plus accessibles que celles du WorldTour et j’ai la chance d’avoir déjà pu rouler sur le Tro Bro l’année dernière. Je connais le parcours maintenant. Ce sera une course difficile, comme d’habitude. J’ai hâte de pouvoir me confronter aux adversaires.
Comme l’an passé, tu arrives sur ce Tro Bro sans le moindre résultat de référence plus tôt dans la saison…
C’est quand même différent en ce sens que l’an passé, j’arrivais en fin de cycle (il était allé jusqu’à Liège-Bastogne-Liège avant de disputer le Tro Bro Leon et n’avait ensuite plus couru jusqu’au Tour de Suisse, NDLR) alors que cette fois-ci, c’est une course de reprise (dernier dossard sur l’Amstel le 19 avril, NDLR). J’ai fait en sorte de pouvoir être performant, je pense avoir bien fait les choses à l’entraînement, mais il y a quand même une petite interrogation du fait que c’est une course de reprise. Sinon, tous les voyants sont au vert.
« AVEC L’ÉQUIPE, ON EST DANS UNE PHASE QUI N’EST PAS SIMPLE »
Que retiens-tu de ta première participation et de cette 3e place il y a un an ?
Plein de choses ! Les conditions météos étaient vraiment compliquées. Je crois que c’était la pire journée du mois voire de l’année sur le vélo. Et c’est tombé le jour du Tro Bro… Forcément, c’était une première assez particulière dans ces conditions alors que sur le papier, le parcours était plus facile que les années précédentes. Mais la météo l’a rendue très dure. Maintenant que je l’ai faite une fois, je vois très bien comment ça se court. En fait, ça ressemble vraiment à une Classique WorldTour. C’est celui qui arrive le dernier à lever encore le cul de la selle qui va la gagner. C’est une course de résistance.
Romain Grégoire porte l’équipe à bout de bras depuis le début de saison et le collectif n’a plus gagné depuis l’Ardèche Classic, fin février. Ressens-tu une certaine pression à devoir performer assez vite désormais, toi qui fais partie des grands noms de la Groupama-FDJ United ?
Pas du tout. Enfin… Il y a forcément une petite pression mais je me la mets tout seul. Je cours à la maison sur des courses qui me correspondent. La pression, c’est celle d’aller chercher des résultats mais que ce soit moi ou un autre de l’équipe, le plus important, c’est le collectif. Si c’est un autre coureur de l’équipe qui gagne, ce sera très bien.
Mais tu n’as plus gagné depuis deux ans et demi et on imagine que tu comptes vraiment profiter des courses qui arrivent pour retrouver le bonheur de lever les bras sur une ligne d’arrivée !
Je préfère gagner, bien sûr. C’est aussi pour ça que je fais ce bloc de courses (Tro Bro Leon, Tour du Finistère, Boucles de l’Aulne et 4 Jours de Dunkerque, NDLR). C’est pour y lever les bras, oui. Il faut être réaliste : avec l’équipe, on est dans une phase qui n’est pas simple. On ne peut pas se permettre de tout faire pour un seul coureur, encore moins sur un Tro Bro Leon où ton leader peut crever dans le dernier chemin… C’est en misant sur un gros collectif que tu peux gagner, comme l’a fait Arkéa par le passé ou Decathlon l’an dernier. Il faudra prendre la course en main et ce sera la même chose au Tour du Finistère puis à Châteaulin. Si je suis moi-même dans le match, que j’arrive à être performant, alors j’aurai peut-être des chances de m’imposer. Mais si ça doit servir à aider un coéquipier à le faire, ce sera réellement très bien aussi.
« JE ME DOIS D’ALLER CHERCHER DES RÉSULTATS »
Laquelle des quatre courses qui arrivent te convient le mieux ?
C’est difficile à dire. Les quatre me correspondent, du Tro Bro à Dunkerque. Peut-être que le Finistère me convient un tout petit peu moins avec souvent ce sprint particulier et très difficile. J’adore le circuit de Châteaulin. J’ai tout mis en œuvre pour réussir à performer sur ces courses-là. Je n’ai aucun regret quant à ma préparation. Maintenant, c’est la course qui décidera. J’ai envie de me prouver que j’en suis capable, de me “remettre les idées en place”, façon de parler. Vis-à-vis de l’équipe aussi. Je veux leur montrer qu’ils peuvent compter sur moi, que je suis capable d’assurer.
Parce que tu as peur que le staff en doute actuellement ?
L’équipe m’a moins fait confiance en tant que leader sur les courses dernièrement. Dans ma tête, je reste l’un des leaders de l’équipe et je me dois donc d’aller chercher des résultats. Je n’ai pas réussi à le faire quand je le devais jusqu’à présent alors il est normal que l’équipe ne me fasse pas confiance sur certaines courses. Mais je me suis remis en question pour pouvoir revenir à 100% au niveau.
As-tu le sentiment de ne plus pouvoir te louper ?
Ce n’est pas une bonne année au niveau des résultats pour l’instant. Je pense que j’étais quand même performant physiquement mais les résultats n’ont pas du tout suivi. J’ai passé un hiver un peu compliqué, j’ai été malade, je n’ai pas pu faire le stage en altitude comme je l’aurais voulu. J’ai manqué de rythme sur les premières courses. Or, dès que tu prends un peu de retard, tu as du mal à le rattraper. Il y a quelques détails par ci par là qui font que ça n’a pas été. Mais le bilan de cette période a vité été tiré avec l’équipe. On a vite voulu basculer sur autre chose, sur ces courses du mois de mai, qui sont importantes pour moi et me tiennent à cœur, à la maison.