Au lendemain de la mise en détention provisoire du mis en cause, la Ligue Méditerranée de football a annoncé sa suspension immédiate à titre conservatoire.

Une décision prise dans « l’urgence absolue », assure son président, Éric Borghini. « Quand on a vu l’article dans Nice-Matin, ajoute-t-il, j’ai immédiatement saisi mon directeur général ainsi que la directrice juridique ».

D’après le président de la Ligue Méditerranée, Franck F. occupait jusqu’à présent le poste de n°2 de la commission régionale des délégués, avec la charge de former les délégués officiels. « C’était quelqu’un de très connu. C’est même moi qui l’ai fait venir à la Ligue parce qu’il était compétent », précise son dirigeant.

Dans un courrier adressé au club de football où Franck F. est licencié comme dirigeant, la Ligue indique avoir décidé de le suspendre immédiatement « dans un souci de protection des licenciés ».

L’instance demande à l’intéressé de fournir plusieurs documents, notamment toute décision judiciaire le concernant ainsi qu’un extrait de casier judiciaire ou du fichier FIJAISV (Fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes).

À défaut, une interdiction définitive de prise de licence pourrait être prononcée.

Pour Éric Borghini, la réaction de la Ligue devait être rapide et sans ambiguïté. « Les parents qui nous confient leurs enfants doivent voir que l’instance réagit immédiatement. Si la main de l’institution tremble, la confiance disparaît », insiste-t-il.

Le président de la Ligue rappelle également que l’organisation régionale se veut particulièrement engagée dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport. « Nous sommes très attentifs à ces questions. La Ligue Méditerranée est pilote en France sur la transparence et la prévention des violences », appuie Éric Borghini.

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Une ancienne condamnation jamais détectée

Au cours de l’entretien, Éric Borghini, l’avocat cette fois, revient également sur une question qui en interroge plus d’un : comment Franck F. a-t-il pu exercer des responsabilités dans le football malgré une condamnation remontant à 1990 pour atteinte à la pudeur sur mineure de moins de 15 ans ?

Selon lui, le système de contrôle d’honorabilité actuellement imposé aux éducateurs et dirigeants n’existait tout simplement pas à l’époque.

Il assure que « s’il avait existé, il n’aurait jamais pu intégrer la Ligue ». Aujourd’hui, les responsables, éducateurs et dirigeants sportifs font systématiquement l’objet de vérifications administratives via le bulletin n ° 2 du casier judiciaire avant de pouvoir obtenir une licence.

« Il reste présumé innocent »

Si le président de la Ligue reconnaît être « tombé des nues » à la découverte des accusations, il rappelle néanmoins que Franck F. bénéficie toujours de la présomption d’innocence.

Mais pour l’avocat, le placement en détention provisoire constitue malgré tout un signal fort. « Un juge des libertés ne place pas quelqu’un en détention provisoire sans un minimum d’éléments », estime-t-il. Et d’ajouter : « Il y a forcément un faisceau d’indices. »

Franck F. autoritaire et peu communiquant ?

En décembre 2023, s’est tenue une réunion des délégués du District Côte d’Azur.

Dans un rapport, il est indiqué que « la majorité des délégués présents reprochaient à Franck F., président de la Commission des délégués, de faire preuve d’autoritarisme et d’un manque de communication ».

À l’issue de la réunion, face au mécontentement exprimé par la majorité personnes présentes, il a été décidé de relever de ses fonctions Franck F. et de nommer Mme Marcelle Vial présidente par intérim de ladite commission.