l’essentiel
La collection d’art italien s’enrichit à la Fondation Bemberg avec deux toiles du XVIIe siècle. Entre naturalisme caravagesque et réalisme quotidien, ces acquisitions renforcent l’héritage pictural européen de l’institution toulousaine.
La Fondation Bemberg annonce l’acquisition de deux tableaux majeurs de la peinture italienne du XVIIe siècle. La première œuvre est une nature morte du peintre génois Bernardo Strozzi (1581-1644), réalisée entre les années 1620 , alors que l’artiste réside encore à Gênes, et la période de son séjour vénitien, entre 1633 et 1644.
Bien que Strozzi ait abordé une grande diversité de sujets, allant des scènes d’histoire à la mythologie et aux allégories, les natures mortes demeurent relativement rares dans son œuvre. Ce tableau illustre l’assimilation personnelle du naturalisme caravagesque par l’artiste, tout en témoignant de l’influence des grands maîtres flamands actifs à Gênes, notamment Rubens.

Maître de la Toile de jeans, L’Échoppe du barbier, seconde moitié du XVIIe siècle. Huile sur toile, 150,5 x 115 cm. Toulouse, Fondation Bemberg
DR.
« L’échoppe du Barbier »
La seconde œuvre, « L’Échoppe du barbier », appartient au corpus restreint attribué au Maître de la Toile de jeans, peintre actif en Lombardie dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Redécouvert récemment par l’historiographie, cet artiste s’inscrit dans le courant européen de la « peinture de la réalité », héritière du naturalisme du Caravage. Ce mouvement, attentif à la représentation sensible et directe du quotidien, trouve l’une de ses expressions les plus remarquables en France dans l’œuvre des frères Le Nain.
L’acquisition de ces deux tableaux enrichit le fonds italien de la Collection Bemberg, poursuivant ainsi le vœu de son fondateur et son engagement en faveur de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine pictural européen.
Pour rappel, l’hôtel d’Assézat accueille actuellement une exposition d’envergure dédiée au peintre espagnol Joaquín Sorolla. Les visiteurs peuvent ainsi admirer la maîtrise de la lumière du maître espagnol au sein même des galeries de la fondation Bemberg.